À propos de l’aide médicale à mourir

De Hyderabad à Lethbridge, qui l’aurait cru?

Après la fin de ses études à Hyberdabad en Inde, Roop Chittineni est parti étudier la kinésiologie à l’université de Waterloo, en Ontario. Il aimait faire de l’exercice et pensait qu’en apprenant le fonctionnement du corps humain, il pourrait avec son expertise améliorer la vie des gens.

Ne sachant pas vraiment comment réaliser cet objectif, il s’est engagé pour cinq ans dans un programme coopératif. Il pourrait ainsi travailler pendant ses études et découvrir comment aider les gens.

Il y avait plusieurs possibilités de travail coopératif. Roop pouvait être assistant d’un chiropraticien, coordonnateur en santé et sécurité ou étudiant en ergonomie. En examinant la liste, il a trouvé une offre d’emploi comme assistant en foyer à l’Arche.

Après avoir fait des recherches, L’Arche lui a semblé un lieu où il pourrait apprendre et grandir. Ça n’était pas un foyer pour personnes handicapées; c’était un foyer où vivaient toutes sortes de personnes. Cet organisme offrait une liberté à laquelle il n’était pas vraiment habitué : la liberté d’être lui-même au sein d’une communauté. Quand on vient d’une ville de 10 millions d’habitants en Inde, vivre dans une communauté inclusive est une chance qui ne se refuse pas.

Roop a postulé dans un des foyers de L’Arche les plus proches de Waterloo, soit à London, à 100 kilomètres. Après avoir peaufiné son C. V. et écrit une lettre de présentation détaillée, il a passé une super entrevue, mais a été refusé. Il aurait dû chercher un autre programme coopératif en Ontario, mais il désirait à tout prix travailler à L’Arche.

Il a donc envoyé une demande à L’Arche Western Canada. Même s’il était ébranlé après le refus de L’Arche London (il ne savait pas que ce refus était dû à des problèmes logistiques), il s’est montré positif tout au long de l’entrevue et a décroché le poste. De janvier à avril 2020, il allait travailler dans un foyer à Lethbridge.  Il s’est tapé trois cents kilomètres jusqu’aux praires venteuses d’Alberta, mais ce voyage en valait bien le coup!

En arrivant à Amani, l’un des trois foyers de L’Arche Lethbridge, il a tout de suite ressenti l’esprit communautaire. Il s’est vite fait des amis dans les trois foyers. Quand il aidait les personnes et faisait le ménage dans le foyer, il était fier de ses responsabilités. Toute tâche dans le foyer se faisait en collaboration entre les assistants et les personnes accueillies. En lavant la vaisselle ou faisant la lessive, il avait l’impression de contribuer à sa nouvelle communauté. C’était l’endroit idyllique pour passer le semestre.

Mais, le début de 2020 a été tout sauf idyllique. À cause de la pandémie, le foyer de Roop, comme tous les foyers de L’Arche au Canada, ont été mis en confinement dès la mi-mars. Les ateliers ont été fermés et les visites aux autres foyers, interdites. Roop a dû recréer à partir de rien une nouvelle routine pour le foyer, tout en essayant de répondre aux besoins des personnes. Une des personnes de son foyer, qui avait l’habitude d’aller au YMCA a dû se mettre à courir sur un tapis roulant. Pour se distraire, le foyer s’est procuré un Xbox Kinect et a commencé à aller prendre des marche tous les matins. Il a fallu créer un plan d’urgence au cas où l’un des membres tombe malade, ce qui a suscité un peu de tension dans le foyer. Roop a aidé chacun à rester positif (jusqu’à présent, personne n’est tombé malade).

Le confinement était gérable avec des équipes complètes, mais les choses allaient changer à la fin d’avril. Un assistant d’Australie et un couple du Brésil devaient venir remplacer des assistants à long terme, mais leurs vols étaient sans cesse reportés. Le foyer allait vraiment manquer d’assistants avec le départ de Roop en avril. Il aurait pu partir, sans se soucier de L’Arche, mais il a choisi d’aller de l’avant. Pour que la communauté continue à bien aller, il devait rester à L’Arche.

C’était heureusement le premier d’autres stages de Roop, durant ses études. Il a appelé l’université et a changé son horaire de façon à pouvoir faire deux stages consécutifs, en prolongeant de quatre mois son stage à L’Arche.  Tous ses amis à L’Arche étaient trop heureux de cette nouvelle, mais aucun n’était plus heureux que Roop; il allait vivre la pandémie avec ses amis.

Roop est ravi de pouvoir rester dans son foyer pendant l’été. Il retournera inévitablement à Waterloo, afin de finaliser ses trois années d’études et obtenir son diplôme. Après ses études, il ne sait pas vraiment ce qu’il va faire de sa vie, mais il aimerait rester dans une communauté de L’Arche, si c’est possible.

Il y a quelques temps Roop balayait la salle à manger quand Pat Lennon, un voisin et ancien responsable de la communauté est passé : « Oh regardez! Un étudiant est venu de l’université de Waterloo jusqu’à Lethbridge pour balayer des planchers. Qui aurait cru que balayer des planchers pouvait changer le monde! » Roop ne l’aurait jamais cru avant aujourd’hui!



Quand les collectivités accueillent la contribution des personnes ayant une déficience intellectuelle ou d’autres handicaps, nous bénéficions tous d’une société plus vibrante, créative et compatissante.
L’Arche a été fondée pour être un lieu sécuritaire où des personnes qui sont vulnérables et marginalisées découvrent le respect et l’appartenance. Le nom de L’Arche, inspiré par l’arche de Noé, a été choisi pour représenter cette promesse. Le logo actuel de L’Arche montre chaque personne ayant une place d’égale dignité et valeur dans le bateau. Ces valeurs sont essentielles à la vision et la mission de L’Arche pour tous ceux et celles qui participent à notre vie, et pour le monde
Nos engagements en termes de respect auprès de toute personne pour prévenir l’abus, la discrimination et le harcèlement.
Publié 2018-03-08
Le 8 février dernier, des membres de L’Arche ont assisté à une séance publique de consultation sur l’accessibilité, comme des gens d’autres communautés de L’Arche l’ont fait dans leurs villes.