À propos de l’aide médicale à mourir

Un héros dans les coulisses

La pandémie de la COVID-19 nous a montré qu’au-delà des pompiers, du personnel médical, des travailleurs sociaux et des policiers, d’autres héros travaillent dans l’ombre.

En effet, les conducteurs de camions, commis d’épiceries, cuisiniers et livreurs ont gagné l’estime de la collectivité en risquant leur santé pour permettre à la société de continuer à fonctionner. Mais derrière les coulisses se cachent encore d’autres héros : des gens dont le rôle – aux yeux de certains – n’est pas assez important pour être reconnu. Nous braquons aujourd’hui les projecteurs sur l’une de ces personnes, Francis Therrien de L’Arche Montérégie.

Francis a grandi dans la nature près de Saint-Hyacinthe, à 60 kilomètres à l’est de Montréal. Il vivait sur la ferme familiale, au milieu des vaches, des canards, des chiens et des chats. En 1990 il a choisi de quitter cet environnement idyllique pour se joindre à la communauté de L‘Arche. Il est maintenant membre du foyer Fleurs de Soleil à Beloeil; il a plein d’amis, un travail qu’il adore, et de son salon, il voit la montagne et la rivière. Il poursuit son travail d’agriculteur : à mi-temps dans le jardin du foyer, il prépare le compost, bêche la terre, tond le gazon, comme il l’a appris sur la ferme de son père. Mais c’est dans son travail à plein temps que Francis a véritablement sauvé des vies.   

Il y a douze ans, Francis a été embauché par Ambulances Demers, le plus ancien fabricant d’ambulances en Amérique du Nord. Que vous viviez à Peterborough en Ontario, à Las Vegas au Nevada, ou n’importe où ailleurs, vous avez sûrement vu leurs ambulances filer à travers la ville pour répondre aux cas d’urgences et sauver des vies. À ses débuts dans la compagnie, Francis travaillait comme concierge et faisait le ménage. Depuis quelque temps, il travaille cinq jours par semaine à veiller au bon déroulement de la chaîne de montage. On peut imaginer le nombre de boîtes et de pièces que reçoit un important fabricant d’ambulances. Francis marche le long de la chaîne de montage, ramasse les boîtes vides, les trie et les comprime. Ce rôle qui semble mineur est pourtant crucial. Francis n’a pas dessiné les ambulances, il ne les construit pas ni ne les inspecte; mais sa contribution permet à chacun de travailler efficacement à sa tâche, pour que plus d’ambulances soient construites et que plus de vies soient sauvées. C’est un travail d’équipe et le rôle de Francis au sein de cette équipe est mineur, mais essentiel.

La contribution de Francis chez Demers va au-delà de son travail officiel. Il sait mettre chacun de bonne humeur, soit en rappelant à ses collègues que c’est le jour de la paye, ou en partageant son rêve de gagner à la loterie. Ses collègues étaient si intrigués par L’Arche, que dix d’entre eux sont venus manger à son foyer. Francis était fier que ses amis du travail et du foyer se rencontrent. Même si L’Arche et Demers sont à Beloeil depuis plusieurs dizaines d’années, sont situés sur la même route le long du Richelieu, il fallait Francis pour qu’un lien se crée. Peut-être d’autres membres suivront-ils les pas de Francis en travaillant chez Demers (ou, en ayant vent de cette histoire, d’autres compagnies et organismes verront-ils les bénéfices d’embaucher un membre de L’Arche). Nous ne savons jamais quel effet papillon peuvent avoir nos actions.

Francis croit depuis longtemps au pouvoir des petits gestes. Même avant le tremblement de terre de 2011 en Haïti, il était choqué par les conditions de vie déplorable en Haïti. L’Arche Montérégie a toujours soutenu L’Arche Haïti, mais Francis s’est donné le devoir d’apporter sa propre contribution. Il ramasse les canettes depuis 10 ans pour soutenir Haïti. Chaque canette ne rapporte peut-être que 5 sous, mais en 10 ans, il a ramassé 120 000 canettes et envoyé 6,000 $ à Haïti. Son initiative solitaire a pris de l’ampleur : chacun chez Demers donne ses canettes vides à Francis.

Combien de personnes faut-il pour sauver une vie? Quand une personne tombe malade dans la rue, le journal parle de la personne qui a appelé le 9-1-1, ou de l’intervenant. Mais ne devrions-nous pas aussi remercier le fabricant d’ambulances? Et que dire de la personne qui a pensé à créer le 9-1-1 comme moyen de communication d’urgence? Ou le barista qui a fait le café de l’intervenant et l’a tenu éveillé? Si on croit qu’il faut un village pour élever un enfant, il faut peut-être aussi un village pour sauver une vie. Vous n’êtes peut-être pas convaincus de cet argument, mais partir du bon pied chaque jour entraîne des effets positifs qui à leur tour, entraîneront d’autres effets positifs, partout. Même boire un Dr Pepper peut avoir un effet d’entraînement si Francis n’est pas loin. Votre canette vide fera partie du 6,000 $ versé à un organisme en Haïti. Oui, votre canette n’était peut-être qu’une canette parmi les 120,000 canettes, mais chaque canette a une histoire qui lui est propre.



Quand les collectivités accueillent la contribution des personnes ayant une déficience intellectuelle ou d’autres handicaps, nous bénéficions tous d’une société plus vibrante, créative et compatissante.
L’Arche a été fondée pour être un lieu sécuritaire où des personnes qui sont vulnérables et marginalisées découvrent le respect et l’appartenance. Le nom de L’Arche, inspiré par l’arche de Noé, a été choisi pour représenter cette promesse. Le logo actuel de L’Arche montre chaque personne ayant une place d’égale dignité et valeur dans le bateau. Ces valeurs sont essentielles à la vision et la mission de L’Arche pour tous ceux et celles qui participent à notre vie, et pour le monde
Nos engagements en termes de respect auprès de toute personne pour prévenir l’abus, la discrimination et le harcèlement.
Publié 2018-03-08
Le 8 février dernier, des membres de L’Arche ont assisté à une séance publique de consultation sur l’accessibilité, comme des gens d’autres communautés de L’Arche l’ont fait dans leurs villes.