Créer des lieux d’appartenance sécuritaires et respectueux

L’Arche a été fondée pour être un lieu sécuritaire où des personnes qui sont vulnérables et marginalisées découvrent le respect et l’appartenance. Le nom de L’Arche, inspiré par l’arche de Noé, a été choisi pour représenter cette promesse. Le logo actuel de L’Arche montre chaque personne ayant une place d’égale dignité et valeur dans le bateau. Ces valeurs sont essentielles à la vision et la mission de L’Arche pour tous ceux et celles qui participent à notre vie, et pour le monde.

Cependant l’histoire nous montre qu’aucune organisation, y compris L’Arche, n’est à l’abri des abus de pouvoir, ni de toute forme d’abus ou de harcèlement. Les témoignages sur les abus perpétrés envers les femmes religieuses dans l’Église catholique, présentés en mars 2019 dans une émission du réseau de télévision Arte (en Europe), en sont un exemple douloureux, nous permettant de comprendre l’impact de l’abus sur les victimes.

Nous savons aujourd’hui que ces dommages sont amplifiés quand l’organisation n’a pas de politiques ou de procédures solides qui priorisent la sécurité et le bien-être de tous ceux et celles qui passent par ses portes, particulièrement les personnes vulnérables. Ces dommages sont aggravés quand l’organisation ne réfléchit pas à sa culture et à ses structures pour garantir que la valeur et la voix de chaque personne soient respectées, et assurer la transparence et l’imputabilité de ses membres, des personnes qui la soutiennent, de celles qui la règlementent, et l’ouverture envers la communauté plus large.

Prendre des mesures pour promouvoir le respect et prévenir les abus

À L’Arche au Canada, nous continuons à écouter intensément les victimes d’abus, où que ce préjudice ait eu lieu (par ex. les survivants d’institutions provinciales), en étant empathiques par rapport à leur souffrance, en cherchant à apprendre ce dont ils/elles ont besoin pour guérir, et en leur donnant le soutien nécessaire à cette fin. Ensemble, nous continuons à réfléchir aux moyens de renforcer notre engagement à promouvoir le respect et prévenir les abus. Ce travail comprend de réfléchir sur les façons dont L’Arche Canada –comme toutes les organisations, et l’ensemble de la société canadienne– doit changer pour assurer que nous créions des lieux sécuritaires, respectueux, permettant à chaque personne de s’épanouir.

L’Arche s’engage à avoir, à tous les niveaux, des politiques fortes qui indiquent clairement que toutes les formes d’abus, de harcèlement et de discrimination sont absolument inacceptables. La protection des personnes vulnérables est fondamentale. Nos politiques et procédures existaient avant que les révélations d’abus liées au Père Thomas Philippe ne soient mises au jour en 2014, mais elles ont été renouvelées et renforcées par la suite. Ces politiques fixent des procédures claires pour éduquer tous les membres, les employés, et les bénévoles, sur leurs droits et les droits des autres, pour rapporter et traiter les plaintes (prévention de la ‘double victimisation’) et pour atteindre des résultats clairs et justes. Le soutien des victimes d’abus et de harcèlement est essentiel.

 

Créer une culture et des structures d’écoute et de respect

Au-delà du renouvellement de notre engagement à promouvoir le respect et prévenir les abus et le harcèlement, L’Arche Canada travaille à assurer que l’écoute en profondeur soit un élément essentiel de notre culture et de nos structures. Ce travail comprend de:

  • S’assurer que tous ceux et celles qui participent à la vie de L’Arche reçoivent du soutien pour grandir en termes de bien-être, autonomie, choix, rôle social valorisant, et réseaux personnels.
  • Développer des pratiques de conversations ouvertes, honnêtes, entre tous les membres, avec des processus clairs pour exprimer les préoccupations et traiter les plaintes.
  • Développer des mécanismes de soutien pour renforcer le travail en équipe et la collaboration, pour nommer les conflits et les résoudre, et rechercher le pardon s’il y a lieu.
  • Cultiver des pratiques et des attitudes de respect envers chaque personne, nos différences et notre humanité commune, et célébrer les dons uniques et la contribution de chaque personne.
  • Accepter la vulnérabilité et notre besoin les uns des autres comme étant des composantes précieuses de notre humanité tout en développant des pratiques qui établissent des limites saines.
  • Intégrer l’écoute des voix des membres ayant ou non une déficience intellectuelle dans les structures de prise de décision et de gouvernance organisationnelles.
  • Créer un environnement qui soit ouvert sur le monde, et ouvert à différents points de vue et façons de voir, en construisant des ponts vers d’autres personnes dans la société qui nous entoure.
  • Jouer un rôle actif dans la lutte contre la discrimination, et intervenir en faveur de l’importance de l’écoute et du respect, et de l’expérience d’appartenance et d’inclusion pour tous les citoyens.

Ces orientations demandent une réflexion et une action continues, mais ensemble elles nous assureront de diminuer l’écart entre la vision engageante de L’Arche et notre expérience vécue, augmentant ainsi notre impact lorsque nous travaillons avec d’autres à bâtir un monde plus juste, vibrant, et bienveillant pour tous.


Quand les collectivités accueillent la contribution des personnes ayant une déficience intellectuelle ou d’autres handicaps, nous bénéficions tous d’une société plus vibrante, créative et compatissante.
Nos engagements en termes de respect auprès de toute personne pour prévenir l’abus, la discrimination et le harcèlement.
Le 8 février dernier, des membres de L’Arche ont assisté à une séance publique de consultation sur l’accessibilité, comme des gens d’autres communautés de L’Arche l’ont fait dans leurs villes.
Au cœur des œuvres et du message de Jean Vanier, il y a une affirmation profonde de la vie, avec le constat que la fragilité et la souffrance sont des chemins vers la guérison et la communion.