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Construire des logements favorisant l’inclusion

Par John Guido

Katherine Black a un plan, un « plan de vie autonome ». Toute seule ? raconte l’histoire de cette femme pleine de cran qui vit à L’Arche Hobart en Australie. Ce court métrage (qui fait partie de la série Je suis comme je suis de L’Arche internationale) est à la fois très drôle et touchant, instructif et amusant. Il est difficile de ne pas prendre parti pour Katherine, une femme ayant une déficience intellectuelle et déterminée à faire ce qu’il faudra pour « être libre comme un oiseau » – pour vivre seule tout en gardant les liens avec les personnes qui la connaissent et l’aiment, les gens « de qui on dépend pour être indépendant ».

Ce film de Michael McDonald et Amber Herkey enrichit la conversation sur le logement en tant qu’ouverture facilitant les choix, l’autonomie et l’inclusion d’une personne et non seulement en tant que lieu où elle vit. Au Canada comme en Australie, le modèle de foyer de groupe a évolué vers une approche individualisée qui permet aux personnes ayant une déficience intellectuelle de choisir leur lieu de vie, avec qui elles le partagent et le soutien dont elles ont besoin pour y arriver. On voit pourtant dans « The Loneliness Statistic » (selon les données du bureau de la statistique d’Australie) que le passage vers l’autonomie nécessite un soutien au niveau de l’appartenance et de l’inclusion, sans quoi de nombreuses personnes se retrouvent seules et isolées.

Les défis du changement systémique

En 2006, le document Logements pour adultes ayant une déficience intellectuelle, rédigé par la Société Canadienne d’Hypothèques et de Logement (SCHL), dénonçait l’écart entre le nombre de logements nécessaires et le nombre de logements disponibles. Le problème n’est pas seulement de trouver des logements adéquats mais aussi le soutien adéquat. On peut lire : « Les adultes, y compris ceux ayant une déficience intellectuelle, veulent habituellement vivre de façon autonome. Ils veulent prendre leurs propres décisions quant aux personnes avec qui ils désirent vivre, quant à leur lieu de résidence et ce qu’ils veulent faire de leur temps. Les personnes ayant une déficience intellectuelle font cependant face à des difficultés supplémentaires quand elles essaient d’atteindre ce but, notamment… » Ces défis incluent des ressources financières restreintes, des services de soutien limités, un système de service inflexible, et des peurs et questions quant à leur sécurité.

Jean-Yves Duclos, Ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, lors de l’annonce de la Stratégie nationale sur le logement du Canada.

 

En 2018, le gouvernement canadien a reconnu la difficulté de trouver des logements appropriés pour toutes les personnes ayant une déficience, dans le document Stratégie Nationale sur le logement – Un chez-soi d’abord. « L’accès à un logement abordable et approprié pose des défis particuliers pour les personnes handicapées. Des soutiens sociaux inadéquats, une aide financière insuffisante et l’inaccessibilité des logements contribuent tous aux difficultés auxquelles les personnes handicapées sont susceptibles de faire face dans leur quête d’autonomie. Les personnes handicapées sont deux fois plus susceptibles de vivre avec un faible revenu que celles qui n’ont pas de handicap… »

Développer des logements inclusifs

Le document de la SCHL de 2006 nomme les meilleures pratiques de logements pour les personnes ayant une déficience intellectuelle : la souplesse et le choix, le financement distinct, et une approche axée sur la personne. Il nomme aussi les modèles de logement avec les meilleures pratiques, incluant l’autonomie de vie, les coopératives ou établissements semblables, et (pour ceux en ayant les moyens), le modèle propriétaire occupant/adaptation d’une maison familiale. Ces modèles demeurent les principales options explorées aujourd’hui.

Un rapport de Community Living BC and Inclusion BC Inclusive Housing Task Force intitulé « Notre histoire commence dans notre chez-nous », dresse un plan pour améliorer ce qu’il nomme logement ‘inclusif’. « Le logement inclusif est là pour permettre aux gens de vivre dans un lieu où ils se sentent intégrés à leur communauté, où ils participent et sont en relations avec les gens de leur communauté locale, où ils peuvent contribuer et être reconnus. Le logement inclusif permet aux gens de se sentir chez eux, de sentir leur appartenance à leur communauté et d’avoir une bonne qualité de vie. Le logement inclusif comprend cinq éléments : le choix et le contrôle, l’accessibilité, le ratio de gens avec et sans déficience, la diversité et la durabilité. »

Personnes d’abord du Canada et l’Association Canadienne pour l’intégration communautaire mènent une initiative nationale pour développer des options de logements. « My Home My Community (MHMC) a lancé trois enquêtes pour savoir comment offrir plus de choix aux personnes ayant une déficience intellectuelle quant à leur lieu de vie. Nous affrontons ensemble la voie de la dépendance et les obstacles qui ont laissé les personnes ayant une déficience intellectuelle à l’écart du logement abordable et de la communauté locale pendant des générations ».

L’Arche a beaucoup de choses à apprendre – et beaucoup à offrir

L’Arche Ontario et L’Arche Canada sont en dialogue depuis dix ans avec Greg Bechard, dont la collaboration avec la Elmira Developmental Support Corporation a été citée dans la Stratégie Nationale sur le Logement, comme exemple de modèle novateur de logement abordable avec services de soutien qui favorisent l’autonomie des personnes ayant une déficience intellectuelle. Greg parle de créer une ‘communauté intentionnelle’ qui accueille les ‘bons voisins’ dans les logements et la communauté locale. Nous en écrirons davantage sur ce projet et sur le concept de communauté intentionnelle dans la création du logement inclusif.

Les Suites Vanier illustrent l’orientation de l’initiative de développement de L’Arche Canada. Ce projet et d’autres à différentes étapes de développement donnent une nouvelle vie à la mission de L’Arche en « répondant aux besoins changeants de nos membres (actuels et potentiels) tout en demeurant fidèles aux valeurs essentielles de notre histoire fondatrice ». Il nous faut donc apprendre de l’expérience des communautés de L’Arche (comme Arnprior et Stratford) qui offrent des logements autonomes avec services de soutien. Et apprendre des gens d’Elmira, des nouvelles formes de logements en développement et des modèles d’affaires nécessaires à leur création. Il faut aussi discerner ce qui est essentiel dans la vision et les valeurs de L’Arche, et doit être renouvelé dans ces projets et développements novateurs.

L’Arche a évidemment beaucoup à apprendre, mais elle peut grandement contribuer à la conversation sur la création de communautés inclusives. En fait le document de la SCHL de 2006 nomme aussi le modèle de L’Arche : « L’Arche est le seul foyer de groupe qui a été mentionné comme étant une pratique exemplaire. Les maisons de L’Arche existent dans plusieurs provinces. Toutes reposent sur la foi, visent à ce que les personnes puissent vieillir chez elles et se distinguent par des employés qui agissent davantage comme des membres de la famille plutôt que des membres du personnel. »

Les foyers traditionnels de L’Arche, où vivent, apprennent et grandissent ensemble des personnes avec et sans déficience intellectuelle, demeurent un modèle d’habitation innovant – tant ils sont des lieux accueillants axés sur les personnes, favorisent les relations réciproques et l’interdépendance, et créent l’inclusion dans la communauté locale.

Il est essentiel de développer davantage d’options et de démarches axées sur la personne, pour garantir à chaque personne la possibilité de choisir où elle veut vivre et réaliser ses rêves. Comme Katherine, nous souhaitons développer notre potentiel, avoir assez d’espace personnel et de contrôle, tout en maintenant des relations significatives avec nos voisins et les gens qui nous connaissent et nous aiment. Voilà la recette d’une communauté inclusive.

 


Prendre notre place dans le mouvement pour l’inclusion

C’est un moment important pour le mouvement en faveur de l’accessibilité et de l’inclusion au Canada et dans le monde, et L’Arche Canada travaille à y prendre sa place.

Jean Vanier: une icône, non une idole

Jean était mal à l’aise (d’être appelé un saint) si un saint était un modèle de perfection inaccessible, seul sur un piédestal; mais si cela signifiait être membre de la communauté chrétienne, alors il se réjouissait de faire partie de la communauté des saints, vivants et morts.

Rencontre silencieuse avec «l’homme qui répare les femmes»

Denis Mukwege nous implore avec empathie de rester attentifs, de rester profondément à l’écoute de ce qui est inhérent à notre condition humaine: notre sensibilité et vulnérabilité.

Compagnons de route – Partie deux

La route de la transformation a ses moments d’avancées, mais il y a beaucoup de virages et de retournements tout au long du chemin. C’est la raison pour laquelle nous devons nous nourrir nous-mêmes ainsi que les amitiés que nous partageons.

Compagnons de route : Première partie

John et Greg racontent comment leur amitié a pris racine et s'est développée, grâce à un soutien mutuel, depuis plus de trente ans.

«Creative Connections»

Creative Connections est un lieu de création d’art avec des personnes ayant une déficience intellectuelle. Creative Connections favorise l’appartenance, la diversité et l’inclusion tout en déployant l’impact de L’Arche dans la ville de Saint John, au Nouveau Brunswick.

Poursuivre le voyage dans l’unité et l’espoir

Avec des gens de partout au monde, la famille de L’Arche a pleuré la mort et célébré la vie de notre fondateur, Jean Vanier. Nous sommes appelés à rester sur la voie qu’il a tracée.

Zoom Média de L’Arche Joliette

Cette équipe de créateurs, designers et techniciens offre des services complets de son, d’image et de vidéo pour faire briller leurs collaborateurs!

Le travail important de l’Institut Vanier de la famille est un appel à L’Arche

De nos jours, les relations de L’Arche avec les familles sont en évolution, avec un nombre croissant de personnes ayant une déficience intellectuelle qui reçoivent notre soutien tout en vivant avec leur famille, et l’accueil de ces personnes ainsi que de leur famille, dans notre vie communautaire.

Le projet Sage and Time

Faire de l’art communautaire libère la créativité et crée des ponts entre les aînés et la communauté de Sudbury.

L’inclusion commence avec soi-même

Une conférence sur l’inclusion organisée par L’Arche Agapè a été l’occasion d’approfondir la réflexion et de reconnaître que «le changement se fera en brisant les barrières et en sensibilisant les gens».

Les oiseaux me font penser à la liberté

Une pièce inspirée de l’histoire de personnes institutionnalisées parce qu’elles ont une déficience intellectuelle, de leurs familles et de leurs amis.

Un voyage jusqu’au plus grand des cadeaux

Lors d’une soirée de gala, L’Arche Daybreak a célébré les 50 ans de la communauté bien-aimée et de la découverte du sacré dans les choses ordinaires de la vie de tous les jours – avec de la magie ainsi qu’un voyage dans le temps.

Passer de présence à citoyenneté à communauté

Afin de promouvoir une inclusion significative, nous devons bâtir des communautés qui accueillent les dons et contributions de chacun de leurs membres.

Offrir une place à chaque personne

En célébrant le 50e anniversaire de L’Arche au Canada, nous partageons les expériences et les réflexions de nos membres sur la création de l’appartenance, la diversité et l’inclusion au Canada.

Construire un modèle de logement inclusif à Elmira, en Ontario

Au cours des dix dernières années, L’Arche a noué des liens avec la Société de soutien au développement d’Elmira (Elmira Developmental Support Corporation – EDSC) afin d’apprendre comment celle-ci procède pour offrir un «logement abordable avec service de soutien» aux personnes ayant une déficience intellectuelle et d’échanger sur notre vision et notre expérience.

Utiliser l’art et la découverte de notre potentiel créateur pour bâtir la communauté

Le centre de créativité « Hearts and Hands » de L’Arche Antigonish soutient l’expression artistique, l’appartenance et l’inclusion en Nouvelle-Écosse.

Construire des logements favorisant l’inclusion

Les modèles de logements innovants favorisant le choix, l’autonomie et l’inclusion sont en train de modifier le paysage des services de soutien aux personnes en situation d’handicap au Canada et sont pour L’Arche l’occasion d’avoir un plus grand impact.

Ce que signifient pour moi l’appartenance, la diversité et l’inclusion

L’Arche Canada lance une réflexion en ligne pour «Célébrer le don» de l’appartenance, de la diversité et de l’inclusion en écoutant ce que disent les personnes ayant ce vécu et celles qui partagent leur vie.

Un modèle novateur de vie en commun à Comox Valley

Des options de logement novatrices qui favorisent la liberté de choix, l’autonomie et l’inclusion transforment l’offre des mesures de soutien pour les personnes ayant un handicap au Canada. Les suites Vanier de L’Arche Comox Valley constituent un nouveau modèle de vie en commun qui renouvelle la vision de L’Arche.

Nous vous présentons… Ross !

Nous sommes heureux de vous présenter Ross Moncrieff, la deuxième de deux personnes ayant une déficience intellectuelle sélectionnées pour une séance avec un photographe professionnel.

Mesurer l’impact dans le mouvement pour l’inclusion

Les délégués de L’Arche reviennent sur leur expérience et les enseignements tirés du Forum fédéral de politiques d’inclusion, qui a eu lieu le 3 décembre sous le thème «What Gets Measured Gets Done» (Ce qui peut être mesuré peut être accompli).

«La peinture est le chant du cœur»

Ces tableaux incarnent le désir inné de l’être humain de laisser son empreinte, une trace physique de son identité fragile, en utilisant la force du geste créatif.

Nous vous présentons… Tiana!

Notre ami Gil nous a invités à réfléchir à l’importance d’être «devant la caméra», et nous a ainsi inspiré à inviter d’autres à vivre cette expérience. Nous sommes ravis de vous présenter Tiana!

Les arts communautaires créent un monde où chacun est valorisé et inclus

Le mouvement des arts communautaires et des organismes tels que les Ruches d’Art bâtissent des communautés plus fortes et une société plus humaine. L’Arche célèbre les dons uniques des artistes et les espaces de création communautaire où ils s’épanouissent.

Des dons à célébrer

En octobre 2019, nous fêterons le 50e anniversaire de L’Arche Daybreak et de L’Arche au Canada. Au cours des 12 prochains mois, nous prendrons le temps de partager, avec créativité, nos histoires. L’Arche Canada mettra en lumière comment notre vision et nos valeurs contribuent au monde d’aujourd’hui, en célébrant les dons de l’appartenance, de la diversité et de l’inclusion.

L’Arche Tova Café fait la promotion de l’appartenance et de l’inclusion à Winnipeg

Les entreprises sociales axées sur les services alimentaires et d’hospitalité constituent des moyens dynamiques et novateurs de promouvoir l’appartenance et l’inclusion. Ouvert il y a plus de 6 ans, L’Arche Tova Café est un pionnier non seulement à Winnipeg, mais aussi au sein de L’Arche au Canada.

Raconter des histoires «avec»

La narration à L’Arche met l’emphase sur l’appartenance, la diversité et l’inclusion pour nous aider à «imaginer le monde différemment».

Il est où le bonheur, il est où… ?

Le bonheur est un sujet à la mode. Même s’il y a autant de définitions du bonheur que d’individus, jamais une civilisation n’a élaboré des modèles et des idées aussi précises de ce que devrait être le bonheur.

La vie institutionnelle, un peu de contexte

Raphael Amato offre un aperçu du rôle des institutions au 20e siècle

Écouter et amplifier la voix des personnes marginalisées

Chaque message rend avant tout hommage à l’histoire d’une personne, mettant en valeur et transmettant la richesse et la diversité de ces témoignages du cœur.

La Journée internationale de la famille de L’Arche

Le premier samedi d'octobre est la Journée internationale de la famille à L'Arche. Découvrez le don de L'Arche à travers le monde et célébrez notre solidarité les uns avec les autres.

Tracer la voie pour les 50 prochaines années

Se tournant le regard vers l’avenir – vers une époque où les gens de L’Arche avec ou sans déficience intellectuelle se joindront à d’autres personnes dans une mouvance pour changer la société et la rendre plus inclusive pour tous.

L’Arche London et son espace d’accueil

Le Gathering Place est un exemple de l’impact grandissant des communautés de L’Arche à travers le Canada

Célébrer les 90 ans de Jean Vanier

Jean Vanier a 90 ans. L’Arche au Canada exprime sa sincère gratitude et ses meilleurs vœux à notre fondateur, guide et compagnon de route, notre ami Jean.

Investir dans la justice – pour les survivants des institutions

Patricia Seth, l’une des survivantes dit : « C’était comme vivre en prison, avec la différence que nous ne savions pas quand nous en sortirions. »

L’atelier d’art «Le Pot-en-ciel» de L’Arche Montérégie

Le Pot-en-ciel doit son existence à un des membres de L’Arche Montérégie, qui rêvait d’un espace collectif où lui et les artistes et passionnés d’art de la région pourraient se regrouper et pratiquer leur art dans un esprit de partage et d’enrichissement mutuel. Photographies de Jonathan Boulet-Groulx.

Plus loin que la tolérance, l’accueil et le respect de la différence

En cette Journée internationale de la tolérance, peut-on envisager de non seulement « tolérer » la différence, mais encore plus l’accueillir, et même la chérir !

Pas d’inclusion sociale sans une véritable collectivité et des relations d’amitiés

Nous vous partageons quelques extraits des présentations des panélistes récoltés lors de la table ronde sur le « Vivre ensemble », qui s’est tenue cet été au Forum Social mondial à l’initiative de L’Arche Canada.

Rendez-vous social

Retour sur les « Rendez-vous de l’innovation sociale » qui avaient lieu à Montréal le 9 juin dernier.

Un tour d'horizon mensuel des nouvelles de L'Arche au Canada, de nos partenaires et de ce qui se passe dans la société canadienne.