Grandir et apprendre : l’Initiative de développement de L’Arche Canada

« Une organisation en apprentissage est une organisation capable de créer, acquérir et transférer des connaissances et de modifier ses comportements en réponse à des connaissances et idées nouvelles » – Harvard Business Review

L’Initiative de développement de L’Arche Canada aide L’Arche au Canada à grandir, non seulement en nombre de personnes soutenues et en diversité des façons de vivre en commun avec elles, mais aussi dans nos façons de discerner dans quels domaines et de quelles manières nous sommes appelés à grandir.

À l’instar de nos autres priorités, le développement aide L’Arche au Canada à devenir plus proactive dans ses efforts de transformation en une « organisation en apprentissage » qui applique les pratiques suivantes (également tirées de HBR) :

  1. Approche systématique de la résolution de problèmes,
  2. Expérimentation de nouvelles approches,
  3. Appréciation de sa propre expérience et de son histoire, appréciation des expériences et des meilleures pratiques des autres,
  4. Circulation rapide et efficace des connaissances au sein de l’organisation. 

Voici quelques témoignages sur les manières par lesquelles l’Initiative de développement transforme nos communautés et l’organisation au niveau national en une organisation en apprentissage.

Le récit du développement de L’Arche Sudbury

Par Jen McCauley

Au cours des années, L’Arche Sudbury a été appelée à plusieurs reprises à grandir, généralement en réponse aux besoins de ses membres. Au cours de la dernière année, Lori Vaanholt, de l’Initiative de développement de L’Arche Canada, a guidé notre communauté dans un fascinant processus de réflexion, où nous avons parcouru de nouveau en esprit le chemin qui nous a emmenés où nous sommes aujourd’hui. Au cours de l’élaboration de notre récit de développement, nous nous sommes rappelé l’esprit de notre fondation, lorsque la plupart des gens étaient jeunes et avaient peu de besoins physiques, mais faisaient face à d’autres défis. Nous comptons aujourd’hui de nombreux membres vieillissants, ce qui a un impact sur notre façon de vivre la mission.

Groupe à SudburyNous sommes également inspirés par les différentes façons de vivre L’Arche dans la Fédération; le lieu concret du traditionnel « foyer » de L’Arche n’est pas la seule façon de partager notre vie et de vivre la mission. Alors qu’encore une fois des changements s’annoncent, nous souhaitons conserver ce qui a fait de nous qui nous sommes, tout en reconnaissant notre besoin d’évoluer. Nous sommes arrivés à un point où nous pouvons imaginer quelque chose de différent pour notre communauté.

Greg Bechard, un consultant en habitation, a passé du temps dans notre communauté pour s’assurer que les voix de tous nos membres étaient entendues. Il nous a mis au défi de réfléchir aux éléments que nous considérons non négociables et à comment les inclure dans nos plans pour l’avenir. Il nous a donné des options à prendre en considération et la capacité de penser « à l’extérieur » de nous-mêmes. La réputation de Greg en tant que leader dans le secteur des services de développement a joué un rôle important. Les gens ont pu réfléchir à de nouvelles façons de faire. La crédibilité de ses recommandations a contribué à leur adoption.

Sur la base de cette réflexion, nous avons élaboré un plan stratégique qui servira de référence pour la communauté au cours des quatre prochaines années, afin d’évaluer les progrès de nos objectifs et de distinguer où nous devons consacrer plus d’énergie. Pour L’Arche Sudbury, cela a été une occasion d’« entendre le cri », comme l’a fait Jean Vanier en fondant L’Arche; nous écoutons et répondons aux besoins et aux rêves des gens aujourd’hui.

Soutiens novateurs à l’emploi à L’Arche Beloeil

Par Marie Fréchette

Notre projet de développement est né d’un besoin criant des personnes accueillies de notre communauté et non d’un besoin de développement. La réorientation de la mission des CRDI (Centre de réadaptation en déficiences intellectuelles) a entraîné la perte de travail et de stages de travail pour plusieurs personnes de la communauté. La perte de compensation financière pour le travail effectué était également un élément fort à considérer dans notre projet de développement. Nous souhaitions que les personnes aient une reconnaissance pécuniaire justifiée par leur travail.

Je me rappelle une réunion d’assistants en septembre 2015, où unanimement nous avons décidé de mettre en valeur les dons et le goût du travail de nos personnes par des ateliers de travail. Le comité d’entretien a fait ses débuts à ce moment-là. Le Pot-au-feu avait vu le jour un peu de la même façon, l’année d’avant.

Atelier à BeloeilSans avoir un projet précis au départ, les idées d’ateliers sont nées des dons et intérêts des personnes et des besoins de la communauté. Très rapidement, le jardin est devenu un pivot dans le projet de développement. Ce projet est très rassembleur dans la communauté de L’Arche Beloeil et dans la communauté élargie. C’est un élément clé très important.

Le premier impact sur la communauté touche les personnes ayant une déficience intellectuelle. Nous observons l’apport que peut avoir un travail significatif avec un accompagnement adéquat sur le bien-être des personnes. La compensation financière est appliquée depuis janvier 2017 et déjà, on peut observer que cela fait une grande différence pour plusieurs.

Les assistants impliqués dans nos ateliers sont aussi très stimulés par le projet des ateliers et fiers de contribuer à ce nouveau développement pour L’Arche Beloeil. Notre communauté a célébré ses 35 ans en novembre 2016, Nous avons aujourd’hui le sentiment de vivre une refondation qui est très vivifiante, qui nous unit et nous donne un autre moyen de répondre à la mission de L’Arche.

À ce jour, notre projet nous a apporté plusieurs partenariats : financiers, médiatiques et humains. La liste des gens intéressés à s’engager dans le projet jardin est en croissance (bénévoles), des groupes du milieu agricole sont impliqués. Ce sont pour nous de nouveaux partenaires. Un des impacts positifs est qu’à travers ces partenariats, le don des personnes vivant avec une D.I. est l’élément qui ressort le plus.

Comme pour le Pot-en-Ciel, nous souhaitons profiter d’ententes de services avec le réseau des affaires sociales pour recruter des travailleurs qui ne vivent pas à l’Arche. L’arrivée de nouveaux artistes à l’atelier d’art a permis à de nouvelles personnes d’intégrer l’Arche Beloeil différemment et a donné un nouvel élan au Pot-en-Ciel. Nous souhaitons la même chose à nos nouveaux ateliers, ils auront ainsi un plus grand rayonnement.

Un autre impact que nous souhaitons concerne la rémunération des travailleurs ; nous espérons trouver la formule légale qui pourra permettre à d’autres employeurs de rémunérer les personnes ayant une D.I. et travaillant dans leur entreprise. Nous croyons que toute personne qui exécute un travail doit être rémunérée. Le bénévolat doit être libre et le problème est que, actuellement, il est imposé aux personnes.

L’innovation par l’écoute à Comox Valley

Par Christine Monier

Le processus de développement du projet de préposé à la réception s’est déroulé d’une façon nouvelle pour L’Arche Comox Valley (LCV). Nous avions mis sur pied plusieurs comités liés au Centre I Belong, notamment un comité de vision pour un centre d’engagement dans la société et un comité résidentiel des suites Vanier. Au sein du comité de vision pour un centre d’engagement dans la société, s’est manifesté le désir d’attirer davantage de gens, d’accueillir de nouvelles personnes. Pour ce faire, le comité a ressenti le besoin d’une présence accueillante, d’une personne qui puisse incarner l’accueil que le Centre I Belong souhaite exprimer : dire bonjour, sourire et être un hôte chaleureux envers les participants aux programmes, les bénévoles et les visiteurs.

Le comité résidentiel des suites Vanier, qui inclut des parents de locataires potentiels des suites Vanier, a identifié la difficulté à accéder aux ressources nécessaires - dans ce cas, le logement - pour les personnes recevant leur soutien. Leurs voix autour de la table étaient nouvelles et ont permis de discuter plus largement des façons par lesquelles LCV pourrait voir plus loin que sa propre communauté et faire face aux nouveaux défis. Ce besoin a trouvé un écho dans l’équipe de notre bureau, qui entendait des parents et du personnel de soutien parler de la difficulté à s’y retrouver dans le site du ministère et des frustrations croissantes à cet égard. Les informations circulaient mal dans le système.

En examinant les points communs dans leurs travaux respectifs, les comités ont pu créer un nouveau rôle permettant à L’Arche Comox Valley d’être plus ouverte sur l’extérieur, davantage axée sur les besoins de notre communauté élargie. Le poste de préposé à l’accueil est né de la combinaison d’une attitude d’accueil et d’idées d’initiatives d’engagement dans la société.

L’Arche London : l’innovation par l’échange d’apprentissages

Par Marietta Drost

Ce fut une merveilleuse expérience de participer au processus de développement avec L’Arche Canada. Nous voyons l’impact de l’échange des meilleures pratiques et apprenons des idées et exemples de développement au sein des autres communautés. Nous sommes bien plus forts lorsque nous travaillons ensemble et partageons les dons et idées uniques de nos communautés au sein d’une entité nationale plus vaste, au lieu de travailler de façon isolée comme communauté individuelle.

L’analyse environnementale faite par un stagiaire en ergothérapie pour notre communauté l’été dernier en est un exemple. Cette analyse a eu un énorme impact sur notre planification, au cours de la phase de programmation pour notre nouvel espace de rassemblement. L’équipe du développement de L’Arche Canada a diffusé cette idée dans les autres communautés au Canada afin de les aider à développer leurs propres analyses environnementales. Partager nos réussites au sein d’une entité nationale nous aide à transformer nos façons de penser et à grandir de façons nouvelles. Cela nous aide aussi à adopter des pratiques efficaces et à éviter que chaque communauté réinvente la roue. C’est aussi très intéressant de travailler ensemble et d’apprendre les uns des autres.

Recevoir du soutien et des fonds pour développer notre programme artistique est une excellente nouvelle pour notre communauté ! Pouvoir compter sur un enseignant en arts pour concevoir et coordonner un programme plus enrichissant et significatif dans notre nouvel espace de rassemblement aura un énorme impact sur la qualité de la programmation offerte à nos personnes accueillies et aux participants aux nouveaux programmes de jour venant de la communauté élargie. L’enseignant en arts pourra développer les aspects thérapeutiques et créatifs du programme, approfondir nos liens et élargir notre cercle grâce à des partenariats nouveaux et inspirants dans la communauté de London. Les œuvres créées dans notre programme nous permettront également de considérer de nouvelles opportunités d’entrepreneuriat social pour notre communauté.


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