J’ai peur, encore, toujours.
Comme un poids invisible
Je ne vois pas le jour
Mon cœur vivra-t-il libre?
Une rose dans le gravier
La chaleur me succombe
J’ai bu à son sentier
Et vu toutes les tombes
Vieux poème grecque, (traduction personnelle)
Fête du travail. 1er mai.
Quel travail? Celui qu'on attend toujours et qui n'est pas encore arrivé!
Mais ça ne saurait tarder, puisque la chaleur arrive, puisque les pluies arrivent, quelqu’un me mettra au travail, c’est certain.
Un homme, complet-cravate, grosses lunettes dorées, montre sans chiffres, est venu nous voir, moi et mes trois frères ce matin. 1500$ pour nettoyer ses décombres. Ça nous fera 45$ US à chacun, parce que son 1500$, c’était haïtien. 7500 gourdes, ce n’est pas tant que ça pour me suer la vie. Mais on s’est dit qu’on le ferait; que le gros monsieur aux lunettes d’or n’y arriverait pas seul, surtout qu’il finirait par se salir.
J’ai jamais su la fin de l'histoire, peut-être qu'il n'y en pas. Mais je sais aujourd’hui que la fête du travail ici à Haïti, c’est surtout pour ceux qui connaissent pas le chômage.

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