Extrait de l'Invitation au Dépanneur Sylvestre
Oui, les statistiques sont des plus décourageantes. Trop de morts, trop d’amputations, trop de dégâts, trop de rien. Et pourtant, quand on regarde de plus près, c’est-à-dire quand on le fait exprès pour vivre le quotidien dans un pays comme Ayiti (Haïti en créole), ce ne sont pas les statistiques ni les grandes lignes qui nous surprennent.
La surprise nous vient toujours de la force du plus faible. La question à un million de gourdes est la suivante : Qu’est-ce que cette Ayiti, au lendemain de la plus grosse catastrophe qui ne l’aie jamais touché?
Le quotidien de centaines de milliers de gens, femmes et enfants, hommes et vieillards. Et pour expliquer ce qu’est Ayiti, après pareil évènement, il nous faut regarder droit dans les yeux des plus vulnérables, des plus oubliés, des plus ignorés. C’est une clé pour comprendre la complexité d’une situation comme celle d’Ayiti aujourd’hui.
Ayiti n’est pas pour moi un pays étranger, un pays de rumeur, un pays qui me serait raconté par les nouvelles de médias en quête d’une histoire sensationnelle. J’y vis et j’y construis mes rêves, comme tous ceux qui y vivent et qui tentent de donner un sens à leur vie; malgré le chaos, malgré les difficultés, malgré la chance qu’ils n’ont pas. Je ne peux faire rien d’autre, que de parler de ce que je connais. Et de ceux que je connais, avant tout.
Jonathan

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