Galeries-photos

2011-05-18 19:49:58

Beaucoup de choses bougent dans la vie, je suis l'une d'entres elles...

 

 

mwenpafou sera fermé pour quelques temps, question de  reformater, repenser, recréer, et améliorer le concept même de ce site.

 

Revenez en septembre, les choses seront grandes, différentes, mais si semblables en vérité.

Si vous avez des commentaires, des idées, des suggestions... laissez-les!

 

À bientôt,

Jonathan

 

 

2011-04-04 08:06:36

Dans mon premier blogue en direct du Honduras, j'ai fait une gaffe. Ce n'était pas voulu, et pourtant c'en est une grosse.

Heureusement j'ai une amie, K, qui m'a envoyé un courriel que je vous transmets en parti ici :

"... en fait, je lisais ton blog.  Je n'ai pu m'empêcher d'être surprise de te voir utiliser le mot normal... comme dans "avoir une vie normale".  Puisque tu as une plate forme sur un blog voulant faire connaître le handicap, je considère qu'il est important de bien saisir le sens des mots utilisés.  Dans le langage courant, le mot normal est utilisé couramment sans réfléchir, moi la première, mais quand on va plus loin, ce mot est connoté.

En effet, lorsqu'il y a stigmatisation des personnes avec un handicap, la principale source de souffrance, c'est principalement en faisant référence aux normes de la société dans laquelle ces dites personnes vivent.La non possibilité de se conformer aux normes les amènent dans un espace de liminalité (pas totalement dans la société ni à l'extérieur)... un peu comme les migrants quoi. Cette liminalité amène une souffrance et des difficultés de construction identitaire. Selon moi, parler de normalité est embarquer dans le discours dominant axé sur le biomédical duquel découle stigmatisation et marginalisation. Qu'est ce que la normalité? La moyenne? Être ordinaire?  Une vie normale par rapport à qui? Par rapport à quoi? ..."

Elle a raison, ma chère K, sur deux points plutôt qu'un. J'aurais dû expliquer le sens même du mot "normal" pour moi. Et surtout ceci est un blogue, un espace public. Lorsque l'on assume de publier des mots, il faut peser ces mots puisqu'ils ont une valeur.

"... Mais la normalité ferme les gens sur eux-mêmes. Elle risque de détruire la capacité de solidarité, l'aptitude à écouter l'autre, le différent, à ne plus voir en lui une personne précieuse et importante. Cette normalité, posée pour la plupart comme nécessaire pour vivre, risque de devenir tyrannique..."
Jean Vanier, extrait de La fragilité jaillit de la lumière

Je veux expliquer que pour moi, le mot "normal" se transforme pour chaque être. David, Gerson, Antoine, K, Jonathan, désirent tous une vie normale, à leur façon. Pour David, une vie normale, c'est de manger au foyer chaque soir, de travailler à l'atelier à fabriquer des planches pour découper les aliments à la cuisine. Le vendredi, il aime aller au Parc olympique de Tegucigalpa pour courir, et se défouler. C'est sa normalité à lui.

Mais le mot, je le vois bien aujourd'hui, a trop de connotations, trop de force et de possibilités d'exclusion pour être employé.

Je vais le changer pour paisible. "Nous cherchons tous, en vérité, une vie paisible." Je veux aller à la racine du mot. Une paix, la paix, implique un esprit souvent calme, un cœur reposé et heureux. Je crois ce terme assez universel pour ne pas être dominant ou porteur d'exclusion. Chacun porte en lui le germe de sa propre paix, et surtout, il n'y pas de normalité dans la paix. La paix change avec les valeurs et les besoins de chaque personne, mais elle n'exclut pas les gens, peu importe d'où ils viennent. La paix, qu'elle se présente pour une mère et son enfant dans la sieste de l'après-midi, ou qu'elle soit pour le jeune homme et son père, une bière dégustée sur une terrasse, est synonyme de bonheur. La paix n'est pas discriminatoire, puisqu'elle ne cherche qu'à adoucir le cours du temps.

Je m'excuse pour mon erreur, et retire le mot normal. Puisqu'il est en lui même, anormal.

Le courriel de K, m'amène sur une piste qui m'intéresse beaucoup ces temps-ci. Voyez-vous, lorsque j'ai lu sont courriel la première fois, j'étais fâché de remarquer qu'elle n'avait pas remarqué, en mon texte, une ouverture à la différence. J'ai relu, et je me suis dis que j'aurais pu utiliser un autre mot, c'est vrai, mais qu'il était trop tard. L'erreur nous crée souvent un malaise qui nous fait sentir anormal, différent, dans le tort; exclu. Faire une erreur n'est que très peu acceptée dans nos sociétés, puisque cela est synonyme d'échec, de faiblesse. J'ai, au moment même de la lecture du courriel, senti une émotion qui ne m'est pas étrangère. Mon erreur serait vu, lu, et peut-être assimilée par des centaines de lecteurs (j'aime à croire qu'il n'y a pas que ma mère et K qui lisent mes blogues...hihi!) L'émotion est un mélange de tristesse et de frustration, porté sur soi-même, et elle devient une peur.

N'est-ce pas ce que nous faisons, si souvent, fasse à nos faiblesses? Nous développons une peur. Peur de devoir les affronter, ou de devoir les accepter, et pis encore, peur de voir d'autres êtres les remarquer et nous découvrir en situation d'infériorité.

Mon séjour au Honduras tire à sa fin. Plus que trois jours. J'ai produit, en trois semaines, plus de 150 Gb de photographies (pour ceux qui n'ont aucune idée de ce que ça représente, dites-vous que mon ordinateur, et mon disque dur sont pleins... et que j'ai dû m'en acheter un autre...), des centaines d'heures de vidéos également. J'ai pu visiter des familles et faire des entrevues avec des gens merveilleux, qui n'avaient pas de raison de m'ouvrir leur porte. J'ai eu l'autorisation de faire des entrevues et de faire des photographies, dans l'unique hôpital psychiatrique du pays, qui a plus de trois cent patients.

Le voyageur est, et la plupart d'entre-vous qui voyagez le savez bien, en situation de fragilité. Sans points de repères, ne parlant très souvent pas la langue locale, n'ayant pas de lien sociaux, peu de compréhension de la culture et du fonctionnement du pays. Cette fragilité nous rend vulnérable, et un sentiment de faiblesse nous touche. C'est alors que nous découvrons la force cachée de notre fragilité. Nous pouvons nous cacher dans un mutisme, dans un silence, s'enfermer dans une chambre d'hôtel ou de foyer, manger dans des restaurants qui ne nous déstabilisent pas, entouré de gens qui ne nous déstabilisent pas. Et nous pouvons également nous mettre à nus, accepter notre fragilité comme faisant partie intégrante du voyageur. Alors, on parle au gens par gestes, on sourit plus souvent qu'autrement, par pur plaisir de rencontrer des gens si différent de nous. Les "locaux", les gens du pays, ils n'ont pas peur lorsqu'il rencontre un étranger qui présente sa fragilité comme étant normale.

Je ne parle pas votre langue, je ne sais pas pourquoi vous porter cette jupe multicolore, je ne sais même pas comment prendre un autobus dans la ville, et je n'arrive pas à prononcer le nom de la place publique que je dois visiter... Bonjour, je suis Jonathan et je suis devant vous avec très peu, si ce n'est le désir de créer un lien avec vous...

C'est dans cette fragilité que les gens du pays se reconnaissent. Ils vous accueillent, soudainement, pour votre différence, pour votre fragilité. Le voyageur peut nier sa faiblesse et se présenter en situation de dominant et de force devant les gens du pays, mais il se voit refuser beaucoup de liens humains ainsi. Je l'ai vu si souvent en Ayiti, des journalistes étrangers qui débarquent avec leur équipe, vont chez les gens, ne demandent pas la permission avant de faire une entrevue, ne crée pas de liens réels, puis repartent bredouille, frustrés. Ce n'est pas qu'ils ne savent pas faire leur travail, mais ils n'acceptent pas cette part de fragilité qui pourrait les unir à l'autre.

Lorsque nous sommes allé visiter l'hôpital psychiatrique la semaine dernière, j'ai essuyé plusieurs refus. Les personnes qui m'accompagnaient parlaient pour moi. Et je sentais que les médecins, les infirmières, tous ces gens que je croisais, avaient peur de moi, puisqu'ils n'arrivaient pas à créer un lien rapidement avec l'humain que je suis. J'étais, tout à coup, un reporter étranger qui ne venait que pour des images. Finalement, je me suis présenté seul à un homme qui travaillait au bureau d'administration, Francisco. J'ai bredouillé mes quelques mots d'espagnol, et je n'ai surtout pas eu peur de montrer ma fragilité, mon humanité.

En quinze minutes, j'étais dans le bureau du directeur de l'hôpital, accompagné tout de même par Marie, une assistante française qui travaille au pays depuis plusieurs mois et qui agit officiellement à titre de traductrice. (Elle est, d'ailleurs, géniale!)

J'ai les autorisations, j'ai les entrevues que je voulais, avec également quelques images volées au hasard de mes pas, dans cet hôpital délabré, sous financé, étrange. Ma fragilité me permet beaucoup plus, en tant que photographe, en tant qu'écrivain, lorsque je l'assume. Elle n'est pas toujours facile à porter, mais les liens ainsi créés compensent pour la difficile réalité de ma faiblesse.

J.

2011-03-27 22:18:30

Je vois au Honduras une ressemblance énorme avec Haïti, pour les personnes touchées par un handicap. La pauvreté, j'imagine. Le différent, l'incompréhensible, l'être qui semble sans valeur, puisqu'incapable d'aller à l'école ou d'aider à la maison, cet être vit à l'écart de la société. Marginalisé, exclu, appauvrit par le manque de contacts, l'être différent est seul. La pauvreté d'une société pousse souvent à l'exclusion des plus fragiles.

Mais j'ai envie ici de dire que c'est pareil chez nous, d'une certaine façon. Dans nos pays si tant développés que le gouvernement assure une aide financière aux personnes handicapées ou à leur famille, nous trouvons d'autres prétextes pour ne pas inclure la différence. Comme une norme invisible que nous voudrions tous atteindre.

Évidemment, nous avons des services réellement avancés, des financements (quoi que de plus en plus difficiles à trouver) pour des projets sociaux, des foyers modernes ou le téléviseur et la sortie du vendredi font plaisir. Mais parlons d'inclusion. Comment se fait-elle? Quelle est la valeur que la société donne aux personnes touchées par une déficience de l'intelligence, ou motrice?

La vérité, c'est qu'il est plus facile de trouver une excuse, que d'ouvrir son coeur et sa vie à la différence. Je le sais, j'étais le premier, au secondaire, à trouver une excuse lorsque j'arrivais en retard...!

Dans les pays sous-développés, la pauvreté crée un prétexte à l'exclusion de la différence. Dans les pays développés, c'est justement la richesse du gouvernement qui permet aux gens de ne pas en faire trop. Bah, je paie des impôts, le gouvernement donne de l'argent aux personnes handicapées, je trouve que tout va très bien.

Mais le regard ne change pas. Et c'est pourtant dans le regard que se trouve la véritable différence.

Je visitais une famille bien petite il y a quelques jours, une mère et son fils. Voyez la photo ci-dessous, pour rencontrer Nicolas.



La mère vit seule avec Nicolas dans une maison payée par sa nièce qui vit aux États-Unis. Elle travaille chaque jour et puisque son fils ne peut sortir du lit, elle ferme la porte de la maison à double tour, laisse la fenêtre ouverte, et quitte la maison pendant quelques heures.

La maison est jolie, avec un jardin derrière, des fleurs, des murs propres, aucun déchet parterre. Y'a des croix un peu partout sur les murs, et des bananes plantains sur le plancher.

Nicolas est l'un des être les plus accueillant et patient que je connaisse. Ses mouvements sont lents, mais son sourire est immuable. Nicolas est heureux, j'en suis certain. En fait, la situation n'est pas si terrible, ils mangent chaque jour, rient ensemble, ont chacun leur chambre (la mère dort en vérité dans la cuisine, dans un très joli hamac en cordes multicolore), et le voisinage est presque tranquille. Je dis presque parce qu'elle nous disait à voix basse qu'une nouvelle gang de Maras s'étaient installés derrière la maison, dans le voisinage. (Les Maras sont ces gangs de rue, très souvent composés de jeunes, réputés pour leur violence. Bref, un autre groupe exclu de la société...)

La situation familiale n'est pas si terrible, comme je le disais, mais la situation du pays ouvre sur une nouvelle réalité. Pendant l'entrevue, la mère de Nicolas laissera s'échapper quelques larmes, les seules de ces trois heures passées avec elle. La question était simple, la réponse fût encore plus simple. Je voulais savoir ce qu'elle voyait comme futur pour son fils.

- Je ne vois pas de futur pour mon fils. Je souhaite simplement avoir la chance de le voir mourir avant moi...

Ce n'était pas une complainte alarmante. Ni un plaidoyer pour recevoir quoi que se soit. Elle le disait avec une telle peine, une telle violence d'amour. Elle sait très bien que personne ne prendra soin de Nicolas. C'est ainsi. Elle est là, lui aussi, alors ils vivent ensemble et elle prend soin de lui, et lui la fait sourire, vivre, la rend amoureuse du quotidien. Il faut beaucoup de patience pour prendre soin de Nicolas. Il faut beaucoup de patience à Nicolas, pour dire à sa mère qu'il l'aime, sans mots. 

J.

2011-03-23 00:17:17

On m'avait avertit:
"Tu verras Jonathan, l'atterrissage est un peu casse-cou!"

C'est vrai. Je ne me souviens plus qui m'avait dit ça, mais cette personne avait raison. Dans les montagnes, littéralement, nous atterrissons sur une piste trop courte. J'ai finalement compris l'utilité de la ceinture en avion (je ne voyais pas comment je risquais de passer à travers le pare-brise...) et j'ai bien ri.

Me voilà au Honduras. Pour trois semaines. Vous savez, j'aime déjà ce pays. Après quelques heures de ballade en voiture pour rejoindre la communauté de Choluteca, dans le sud, j'ai pu remarqué que pratiquement toutes les maisons possèdent leur hamac. Voilà un endroit rêvé, que je me disais en contemplant el Rio de Choluteca.

J'ai beaucoup à faire en quelques jours seulement, à commencer par apprendre l'espagnol. Mais ça va, j'ai mon dictionnaire "maxi-poche de références".

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Yerson est venu me chercher à l'aéroport, avec Miriam et le chauffeur don Martin. Il y a quelque chose de superbe vous savez, lorsque l'on sort d'un aéroport en passant les douanes sans se faire fouiller, et qu'une jolie petite feuille blanche, pas plus grande qu'une feuille imprimée d'ordinateur, vous attend dans les mains d'un ami.

En noir et en grosses lettres,

EL ARCA
JONATHAN

Ça fait chaud au cœur, et ça déstresse le cerveau!



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Je me disais, en sortant de la maison deux pièces remplie de vide, que tout le monde cherche, en vérité, une vie normale.

J'étais chez Ronal et sa grand-mère, avec qui il vit depuis toujours. Ils n'ont pas beaucoup, ces deux-là, mais ce qu'ils ont, ils le partagent. Le sourire, surtout.

Et je trouve ça beau, la facilité de partager le sourire, le rire, la joie, le bonheur. Même dans la pire des vies, quand on n'a plus comme famille qu'une grand-mère de 98 ans, ou un petit-fils de 24 ans touché par la déficience intellectuelle. En fait, ce n'est pas la pire des vies, que me dit mon petit doigt. Y'a des gens qui vivront toute leur vie, sans avoir appris à partager le sourire.

Cet après-midi, il fait chaud. Et je trouve que mon petit doigt a raison.


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Nous sommes des communautés, de par le monde, qui tentent désespérément de vivre une vie, simplement.

Au fond, tout le monde cherche une vie normale.

Sur ce, j'espère que les communautés de la Côte-d'Ivoire vont bien, ainsi que celles du Japon, de la Nouvelle-Zélande. Et également celles d'Égypte, de Palestine, d'Israël, du Mexique... Nous cherchons tous, que nous ayons une déficience de l'intellectuel ou non, un handicap physique ou non, une journée facile ou difficile; une vie normale.

2011-03-03 13:10:51

J'étais à moto, dimanche dernier. Sur la côte, dans le sud du pays. En plein soleil de midi, mon nez qui rougissait, heureux.

Les vent sifflait dans mes oreilles qu'il faisait bon prendre son temps, le temps marin, le pied léger, du sel plein les narines, la peau qui valse avec les frissons. Parce que c'est aussi ça, Ayiti Chery. Prendre son temps, son temps à elle, celui qui n'avance qu'une fois toutes les heures. Ça prend du temps pour oublier qu'on vit dans le pays le plus pauvre des Amériques, dans le pays des contradictions qui nourrissent les médias et les étrangers en quête d'histoires.

Ici, le sud est mon Alexandrie à moi. J'y descends, à grand pas, comme César le faisait en Égypte. Un peu pressé, un peu charmé. À moto, on ne roule jamais trop rapidement sur des routes de terre, à flanc de mer. Alors j'avais le temps. Le temps de le prendre, justement, ce temps. Le prendre et le décortiquer, me l'approprier, le remodeler, l'allonger, et surtout le déguster. Comme un homard boucané sur la plage de Port-Salut, les pieds enfoncés dans le sable chaud et beige, la bedaine grillant au soleil généreux.

Et je pensais à ce fameux musée des béquilles, en Azerbaïdjan, dans la ville de Naftalan. Une source miracle qui guérit, un bain de pétrole en fait, et qui permettrait aux gens de retrouver l'usage de leurs membres, et ils y laissent ensuite leurs vieilles béquilles comme preuve tangible du miracle.

C'est très étrange, cette idée de miracle. Comme si le fait d'être sauvé, physiquement, faisait de nous des êtres meilleurs, ou plus heureux...

Vous savez, ici, dans mon pays d'adoption, le temps n'est pas fixe. L'heure d'un rendez-vous non plus. Comment pourrait-il l'être, alors que tout est incertain! Les transports publics sont aléatoires, avec quelques fois des arrêts incalculables comme des pannes d'essence, des crevaisons. S'il pleut, on ne peut bouger. S'il fait trop chaud, on bouge lentement. Il n'y a que le matin, très tôt, qu'on peut remarquer que les gens marchent avec ferveur et enthousiasme, plus souvent qu'autrement pour se réchauffer.

Une année, l'économie est stable, c'est-à-dire que le prix des produits de base n'augmente pas considérablement et que la corruption reste bien cachée. L'année suivante, on vit l'une des pires catastrophe naturelle de la décennie, on survit à des ouragans, au choléra, aux manifestations, on se déplace pour voter, on regarde les pays étrangers se déchirer pour le droit à la reconstruction du palais, pour l'étampe "ok" sur les élections qui coûtent plus de trente millions de dollars américains. Ce qui n'est, d'ailleurs, pas la monnaie du pays. Ah oui, et le prix des denrées de base qui a parfois doublé, en l'espace de quelques semaines.

Comment se fier au temps malin qui nous rappelle constamment que le présent c'est la seule vraie vérité, dans la misère?

Hier n'existe que dans la mémoire qui fait défaut
Demain n'existe que dans l'imaginaire plein d'espoir

Aujourd'hui, il n'y a que lui qui ne se cache pas dans notre tête!


Lucien le vieux, corsaire français du XVIIe siècle, caché et mort à l'île de la tortue, dans le nord de l'île d'Hispaniola


Tout ceci me passait par la tête, alors que j'ai fait prendre une pause à ma moto. Je me suis assis dans le sable, à l'ombre d'un cocotier. Vous savez, la reconstruction la plus efficace que j'aie eu la chance de voir évoluer depuis l'année dernière, c'est celle de notre communauté, L'Arche Carrefour. Pendant que les rues de Port-au-Prince sont vides de machinerie lourde, seul moyen réaliste de retirer les débris et décombres de la ville, nous avons réussi à construire un nouveau foyer. Ce faisant, nous avons aussi reconstruit une communauté. Petite, vous me direz. Oui. Vous avez toujours raison. Mais néanmoins, c'est ici la preuve qu'une reconstruction, qu'une refondation, c'est la base même du renouveau, du changement tant attendu. Comment travailler ensemble, si nous n'avons pas de buts communs?

L'éloge de la lenteur, c'est aussi, et surtout, de s'asseoir dans le sable pour se dire que nous sommes tous dans le même bateau. Après la sieste, peut-être qu'on pourrait travailler ensemble, pour définir un but commun. Et ce but, est-il autre chose qu'une Haïti libre de sa misère?


Puis, je me suis endormi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J'ai jamais rencontré un étranger parler de mon pays avec autant d'amour.  À travers tes textes, je peux déceler une réelle affection pour ces gens que tu aides. J'espère que tu vas enfin déposer tes vieilles chaussures de voyage et rester parmi nous pour toujours. On a besoin de toi ICI.

Gaby Saget, Journaliste à Radio Métropole et lauréate du Prix RFI - Reporters sans frontières – OIF -prix francophone de la liberté de la presse 2009  ainsi que du prix Alexis Joseph décerné par SOS-Journaliste en Haïti

Jonathan Boulet-Groulx , c'est un autodidacte de l'humanitaire, un reporter du bonheur, un nomade de la photo, un écrivain de l'humain, un artiste de la fragilité humaine. Son blogue Mwen pa fou, consacré à la déficience intellectuelle en Haïti, est devenu un lieu de référence pour suivre de l'intérieur la vie haïtienne, après le 12 janvier et, en particulier, la place des personnes touchées par la déficience intellectuelle dans la reconstruction d'Haïti .

Jean-Louis Munn, Directeur des communications, L'Arche Canada


Jonathan vit depuis mai 2009 dans la petite communauté de L'Arche de Chantal dans les Cayes.


 

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 Ce sera un gran cri du coeur que nous ferons ensemble. Merci anpil! Jonathan


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Commentaires

Michel Boyer
2011-01-15 19:40:50
Rose-marie
2011-01-12 12:42:16
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Rose-marie
2010-07-11 08:19:02
Foyer La Source (Arche Joliette)
2010-06-07 20:09:11
2010-06-01 15:44:46
Gaby Saget
2010-05-26 16:25:14