Je n'aime pas particulièrement les films de danse où tous les hommes sont beaux, toutes les femmes jolies. Que voulez-vous, c'est comme ça. Hier, nous sommes allés voir Step up 3, au cinéma du coin. En plus, le film était en 3D. Lunette à l'appui, j'ai regardé toutes les 90 minutes du film, comme un bon vivant, touché par la lumière chaude d'une ville (New York) où tout nous fait penser à la danse et la musique. À la sortie du cinéma, j'étais un peu déçu de ne pas retrouver la musique enivrante à chaque pas que j'effectuais, comme les comédiens/danseurs du film. Alors je me suis tourné vers Jim, pour lui demander ce qu'il a pensé de ses dernières 90 minutes.
- Hummm, yeah, Dorothy wouldn't have liked the movie. Too much noise. It is not really her kind of movie.
Je suis resté silencieux un moment.
Il a enchaîné:
- I liked it well enough myself. Darn, these people dance well you know!
Il l'a aimé, le Step Up 3D. Et les lunettes lui donnaient un petit air de blues brothers, c'était bien dans la salle vide. Le popcorn aussi était bien, bon même.
Vous savez, je trouve que c'est joli ce qu'il m'a dit avant même de me donner son propre goût. Il a automatiquement pensé à Dorothy, une femme qui vit dans son foyer, en se disant qu'elle n'aurait pas vraiment appréciée ce trop plein de musique, de bruit, de couleur, de mouvement. Comme si, avant que de penser à son opinion, de penser à son goût, il avait eu une pensé pour son amie. Et, de façon toute naturelle, il m'a exprimé son avis sur l'appréciation de Dorothy, pour ensuite revenir à sa propre personne et me donner son impression à lui. Moi, qui ne pensais qu'à moi, qui ne s'attristais qu'à la vue de ma propre petite personne sortant d'une salle trop grande, je me suis dis qu'il valait mieux apprendre d'un Jim, en sortant d'un cinéma, un samedi après-midi, plutôt que de mâcher mes mots pour rien.
J'ai pris un moment pour penser à Simon, ce comédien d'ami que j'ai. Il aurait apprécié comme moi, la couleur chaude des éclairages de plateau, mais l'histoire, ou son manque, lui aurait déplu. Marquis aurait ri, parce qu'il rit toujours des choses un peu vides de sens. Patrick aurait fais le vide de lui-même, et serait partit avant la fin du film.
Je me suis surpris à imaginer tous ces gens que je côtois, que je connais, que je rencontre. Qu'auraient-ils pensé de ces 90 minutes?
Finalement, j'ai marché sur un chewing gum, et Jim m'a dit:
- Hey, better look where you're putting your foot there John! You never know what you'll walk on next...
Est-ce possible de retrouver, en ce Jim, un peu du poète de la Vie, qui ne vie qu'au jour le jour? Bah, que je me dis, j'ai de la gomme à enlever de ma sandale.
Assis à la table de la salle à manger, j'ai Cuba, l'Inde, l'Ouganda, l'Ontario qui me poussent à la réflexion. La multi culturalité de L'Arche m'impressionnera toujours, ses accents aussi!
L'accent hispano, africo, ontario, indio... et tout en haut, très en haut, bien en haut de ma liste: la beauté de la langue. Et les idées, ahhhh les idées! Maintenant, je ressens l'énorme besoin de voir, de mes yeux et de mes lentilles de caméra, et de mes yeux qui écrivent parfois, la condition de vie des gens touchés par la déficience intellectuelle, à travers toutes ces cultures qui forment la race humaine.
Le mot de la journée, ou le groupe de mots: Dans la plupart des pays, l'enfant qui naît avec une déficience de l'intelligence est un problème.
Oui, tout simplement. Sans blâme ou reproche, juste de la vérité vécu par des gens qui viennent des quatre coins du globe. Ouganda et Haïti sont différents, mais semblent se rapprocher sur plusieurs points. L'Inde et Cuba, sauf accent, se ressemblent aussi. Finalement, puisque rare sont les pays ou le gouvernement offre une aide financière aux personnes ou aux familles touchés par le handicap intellectuel, la situation économique mondiale revient fréquemment sur le sujet. Pauvreté, manque, mise à l'écart des plus faibles. Des mots qui prennent différentes formes de par leur emplacement, sur une carte du monde, mais qui toujours nous ramènent à la même idée: Y'a-t-il une place, entre les frontières de ce monde, parmi les plus de 6 milliards d'humains qui habitent cette petite planète, pour les personnes touchées par la déficience intellectuelle?
Si oui, alors nous tous, assis autour de la table ce soir, ne sommes pas complètement fous!
Mes jours à Ottawa, ville qui m'a vue naître, furent trop courts. La communauté - ses gens, ses sourires, ses difficultés et ses réussites - m'a accueillie avec une telle ouverture d'esprit que j'en suis encore souriant et ému. La suite de photographies qui suit ce blogue est un court résumé de jolis moments de vie. Des instants, instantanément gravé dans ma mémoire numérique. Dans mon cœur aussi, si vous vouliez le savoir...
J

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