Galeries-photos

Janvier 2010
2010-01-29 11:30:25

Vous savez, c’est simple d’être courageux. Suffit de rester soi-même devant l’adversité. J’aime les gens simples. Ceux qui ne changent pas de visage à chaque détour de la vie. Ceux qui malgré une pluie de météorites, dansent en sautant dans les flaques d’eau. Ceux qui survivent à un tremblement de terre, et se disent encore que c’est bon du spaghetti…

Tout un chacun

Chacun ses pieds
Dans ses pas

Chacun ses larmes
Au large des yeux

Chacun sa main
Dans l’aumône

Dans le trois-mâts
Chacun ses rêves

Son mal de poudrerie
Dans ses désirs

Son mal de nébuleuse
Dans ses pensées

Au repas
Chacun sa dent

Chacun son cou
Dans l’amour

Chacun, chacun

Chacun ses os
Au cimetière

Gaston Miron, L’homme rapaillé,




Vous savez, c’est simple d’être courageux. Suffit de rester soi-même devant l’adversité. J’aime les gens simples. Ceux qui ne changent pas de visage à chaque détour de la vie. Ceux qui malgré une pluie de météorites, dansent en sautant dans les flaques d’eau. Ceux qui survivent à un tremblement de terre, et se disent encore que c’est bon du spaghetti…

Peut-être est-ce cela, exactement, qui me rattache à ces êtres touchés par la déficience intellectuelle. Leur simplicité non pas passagère, mais innée et naturelle. Leur courage non pas surfait, mais silencieux et vacillant. Parce que le courage, c’est aussi de se savoir peureux par moment. Les êtres les plus forts, me disait Gustave mon chauffeur de moto taxi à Port-au-Prince ce week-end, ce sont ceux qui se savent faibles. Assurément, un homme de quarante-trois ans qui a survécu à la catastrophe ne serait-ce que pour déterrer ses trois enfants perdus sous les décombres, ne me dirait pas de mensonge en conduisant. La sagesse, je me le disais en zigzaguant entre les rues maintenant plus étroites que jamais de Port-au-Prince, elle émane de partout; de tout ces gens qui se relèvent non plus pour survivre, mais pour vivre au quotidien l’après-catastrophe.

J’ai reçu un message… non. J’ai plutôt reçu des dizaines de messages d’amis, de proches, de connaissances, d’inconnus, qui disaient se sentir inutiles si loin, dans leur chez eux confortable. C’est pour eux que j’écris ce blogue aujourd’hui. Ma voix est bien faible face à la capacité d’auto-flagellation de chacun de nous, mais je vous en prie, la culpabilité n’a jamais changé le monde. Une catastrophe, naturelle qui plus est, n’est jamais belle. Et c’est pourtant dans ces moments que l’on remarque la place de tout un chacun. Parce qu’un Moïse demande autant d’attention qu’avant : le faire manger, le changer, le laver, s’assurer qu’il dort confortablement; est-ce à dire qu’il est inutile puisqu’il ne fait rien de concret pour aider dans la situation d’urgence du pays? Notre Jolibois national, beau avec son regard profond et sérieux, est-il inutile parce qu’il ne peut aider à sortir des décombres du voisinage, les corps abandonnés? À L’Arche, nous nous battons au quotidien pour faire reconnaître la place unique mais essentielle des gens déficients de l’intelligence. Dans une société inclusive, où tout le monde aurait sa voix, la société reconnaîtrait l’apport magique mais silencieux de gens comme Jolibois, comme Moïse, qui sont des personnes de cœur avant d’être des personnes de tête. Nous croyons, à L’Arche, que l’humanité a un besoin urgent de reconnaître les dons des plus oubliés, même si dans nos sociétés basées sur la productivité et le gain, ils ne nous apportent rien de matériel.

Je me perds un peu dans mon explication, désolé. Vous qui priez, donnez, pleurez, supportez; vous qui pensez à nous au quotidien depuis quelques semaines. Vous êtes notre arme silencieuse, notre raison de garder le cap, notre source de survie (l’argent, mes amis, l’argent, ça change pas le monde sauf que…). Vous avez un rôle dans cette histoire d’humanité qui se déroule devant nos yeux incrédules. Les amis, de L’Arche ou des gens qui composent L’Arche, plus précieux que crème solaire à la plage, vous nous donnez la force qui nous ferait défaut les matins gris. C’est de se savoir épaulé et aimé par tant de gens, qui nous fait sourire pendant la prière. Ce n’est pas une mince affaire que d’être du jour au lendemain notre support moral.

Je le dis et le redis, les amis  (voilà comment on appelle ici  à L'Arche en Haïti les personnes vivant avec une déficience) ne sont pas inutiles, même si leurs demandes d’attention et de présence sont toujours aussi grandes. De par leur utilité, dans leur rôle bien distinct, vous tous, au loin, avez aussi la vôtre. Et quand on y pense bien, sans les amis, sans ces êtres forts et fragiles, nous ne serions pas si nombreux à partager la catastrophe de façon si personnelle. Ils nous rassemblent et nous font plus humains. C’est là, leur plus grande force.

2010-01-27 14:28:55

Je viens de fermer mon téléphone. Je parlais à une amie et après avoir absorbé beaucoup de vérité, de dure réalité, j’ai jugé bon de le fermer, pour rester seul avec moi-même.

Je n’ai pas les chiffres exacts. Vous les connaissez fort probablement mieux que moi. On parle de beaucoup de morts, n’est-ce-pas? Et bien moi, j’aimerais rappeler à tout le monde ceci : j’ai eu le privilège de rencontrer beaucoup plus de vivants, dans les rues de Port-au-Prince, que de morts. Et ça, c’est une excellente nouvelle, vous ne trouvez pas?

Mon amie m’a dit: j’ai toujours été méchante avec ma mère. Normal, quand on considère qu’elle n’a jamais vécu avec elle depuis l’âge de trois ans. Son père, un intellectuel citadin, l’avait toujours émerveillée. Érudit, beau, fin causeur, sage. Elle était fière de son père quand elle allait à l’école, mais sa mère qui vivait en campagne, sans éducation, dans ces maisons traditionnelles au toit de chaume que l’on retrouve partout au pays, comment pouvait-elle en être fière?

Jonathan, j’ai passé le week-end chez ma mère, à Croix-des-Bouquets. Tu sais, depuis le 12, depuis que la planète ne tourne pas rond pour moi, je n’ai jamais passé une seule nuit dans un lit, tranquille, à dormir sur mes deux oreilles. En ville, dans une tente, avec les odeurs, la saleté, le bruit, je n’arrive pas à me reposer. Puis, comme une enfant, chez ma mère, je me suis couchée sur son lit et je lui ai dit:

« Momy, kenbe’m nan bra w, kenbe’m fòr! Tanpri Momy, toure’m ak bra w epi kenbe’m. ..(Je t’en prie maman, serre-moi fort, entoure-moi de tes bras et serre-moi, retiens-moi.)

Sa voix, douce comme celle d’une enfant, trahissait mal son angoisse. Encore aujourd’hui, au téléphone, elle me parle de nouveaux membres de la famille qu’elle a perdus : cousins, oncles, tantes… Comment ne pas sombrer dans le désespoir quand c’est à chaque jour que l’on fait face à cette incroyable réalité? Haïti, me dis-je les yeux fermés, aurait besoin de ce que mon amie a découvert il y a quelques jours, l’amour inconditionnel d’une mère.

La vie, ça nous change. C’est pour ça qu’elle est là, c’est sa « job » à elle. Dans les moments les plus difficiles, le cerveau ne fonctionne plus normalement. Le cœur non plus, d'ailleurs. Et c’est à ce moment précis que l’être humain, déstabilisé, fragile, faible, en vient à redécouvrir l’amour. Mon amie rit quand elle me dit que ce qui la rassurait le plus avant, c’était de savoir qu’elle avait un emploi, une maison, un diplôme. Elle se représentait à travers toutes ces choses. Aujourd’hui, ce qui l’inquiète le plus, c’est de ne pas dormir près de son père, de son frère, des siens. La maison n’est plus. Que du béton qu’elle me dit. Le diplôme disparu. Que du papier qu’elle me répond. Et ton rêve d’aller étudier en Belgique? Partie remise, j’ai un pays à reconstruire, qu’elle me chante au téléphone.

Oui, vraiment, la vie nous change. Est-ce vraiment le plus terrible? Ou est-ce notre regard qui importe le plus?

À L’Arche, nous parlons très souvent du regard. Du regard de l’autre, du regard de la société, de notre propre regard. Je me demande par contre si nous n’oublions pas quelque chose. Le regard ne peut changer, que si un événement le force à se transformer, à voir autrement. Je le vois ici depuis des mois maintenant, tous ceux qui côtoient L’Arche, de près ou de loin, ont transformé leur regard avec le temps. Mon amie, elle, a modifié son regard sur sa propre vie, de par l’événement tragique qui nous a tous frappés.

Et j’y vois un signe, moi qui ne suis pas superstitieux pour deux sous. Un signe que le regard que pose la société haïtienne sur le handicap en son propre pays pourrait se transformer si le message est passé. Un message d’espoir, et un message de chance. La chance à tous d’avoir une place égale dans ce petit pays.

Des centaines de personnes subissent, à ce moment même, des amputations. Croyez-vous que leur regard changera à propos des personnes handicapées par hasard? Ou par événement?

Vraiment, la vie, ça nous change…


P.S : Pardon, je vous avais dis un texte à chaque deux jours et me voilà menteur devant des centaines de gens! Voyez-vous, sans vouloir m’excuser, les communications ne sont pas les meilleures présentement dans mon pays d’adoption… Et j’ai un vieil ordinateur qui ne fonctionne plus qu’avec un courant stable, alors je me résigne, comme des millions d’autres ici, à ne donner des nouvelles que quand j’en ai la chance.

Étant maintenant à Chantal, jje serai plus fidèle à ma promesse de vous tenir au courant de ce qui se passe dans ma communauté, dans le pays, dans ma tête, dans mon cœur, le plus souvent possible.

À demain!

2010-01-20 23:11:22

Comme pour nous dire que ce n’est pas si grave, la fatigue. Que ce n’est rien, deux pannes de voiture en deux jours. Un clin d’œil de lune dans le ciel noir et sans lumières d’une ville sans électricité, comme pour nous changer les idées. Une semaine depuis le début de notre nouvelle vie, l’adrénaline retombe, les routines se réinstallent. Les cernes sous les yeux demeurent ma plus grande crainte, quand je regarde les gens que j’aime ici. La fatigue, c’est comme un chat qui traque sa proie : c’est silencieux. Alors on reste vigilant.

Je suis sur la route depuis lundi, L’Arche de Chantal avait préparé des provisions alors je suis allé les chercher. Un aller qui m’aura coûté un pneu, éclaté sous le poids des quatorze personnes et de leur charge à bord de mon vieux bazou. De retour aujourd’hui dans la ville de toutes les misères, non sans une autre panne de caoutchouc (je n'avais pourtant pas tant de provisions que ça!) et des détours interminables. Les rues de Port-au-Prince sont bouchées de tous côtés par les milliers de sans-abri improvisés et leur vie tout entière contenue dans une mallette sur roulettes.

Demain matin, c’est le grand départ pour huit amis et quatre assistants de la communauté de Carrefour, qui déménageront, le temps de la convalescence de la capitale, à Chantal. Ce que c’est beau, de voir Joseph souriant à l’idée d’une aventure en campagne! Ce que c’est beau, de regarder briller les yeux si doux de Justine, alors qu’elle revisitera ses amis de province!

Et surtout, ce que c’est beau, de comprendre par le vécu ce qu’est une solidarité de cœur. Rien n’oblige L’Arche de Chantal, une maison trop petite, des ressources limitées, déjà débordée par la présence de quatorze amis, par le manque d’assistants,  à accepter d’héberger une partie de la communauté de Carrefour. Et pourtant…

Et pourtant, nous serons treize dans le véhicule demain, en grand « road trip » vers le sud, vers la mer, vers le calme de mon village d’adoption. Loin, aussi loin que l’île nous le permette, de la folie de la ville. Un repos forcé, mais pas des vacances! Oh que non! Ils vont travailler dur mes chers amis à l’atelier de Chantal… C’est qu’on a du mamba à préparer nous autres, et des meubles à fabriquer aussi!

2010-01-19 23:17:51

Je n’ai pas eu de nouvelles de la communauté des Philippines encore… Et ça fait pourtant plusieurs mois que l’inondation meurtrière est survenue. L'avez-vous su?

J’ai décidé de commencer par les Philippines parce que je voudrais que ce blogue serve aussi à ne pas répéter les mêmes erreurs. Il paraît que vous êtes plusieurs à visiter ce blogue chaque jour, quelques centaines. C’est merveilleux et puisque vous êtes si nombreux, je vais me botter le derrière pour vous donner de l’info en continue. Chaque jour si c’est possible, sinon aux deux jours. L’Arche a le privilège d’être une fédération réunie malgré la distance dans la prière et le cœur. Je vais donc faire de mon mieux pour vous expliquer notre monde…

Mwen pa te vle rete nan fè nwa!* 


Il me fallait voir… maintenant je sens. La mort, vous savez ce que ça sent? Mauvais.


Ça sent mauvais la mort. Mais l’espoir sent meilleur, et tous les amis sont là, devant mes yeux, en vie, alors on travail au moral, dans une situation sans morale, pour ne pas sombrer dans un précipice de détresse.


Port-au-Prince est mort. Ça se sent. Port-au-Prince est mort, ça se voit.


La communauté va bien, malgré les nuits à la belle étoile. Parce qu’elles sont restées belles les étoiles. De dire que la communauté va bien, c’est surtout de dire que tous sont en vie. Et ça, c’est déjà beaucoup. Juste à voir les décombres dans la ville, juste à sentir la ville, juste à entendre les histoires, c’est déjà beaucoup d’être en vie. Et j’en arrive à cette histoire banale mais extraordinaire, d’une jeune femme qui en a sauvé plus d’un, par la force de son courage. Marie-Pier est arrivée à L’Arche de Carrefour le 20 octobre dernier.


Trois mois. Trois mois qu’elle donne tout ce qu’elle a pour la communauté. Et voilà que le ciel lui tombe sur la tête, que dame nature lui montre sa force, que les plaques tectoniques s’entrechoquent et laissent à un pays, un triste goût de déjà vu. La misère, et bien elle engendre la misère et c’est dans des catastrophes comme celle-ci qu’on le remarque.


Toujours est-il que Marie-Pier, dans la soirée du 12, s’est montrée plus que courageuse en retirant des décombres les voisins encore vivant. Elle et un autre voisin, à grands coups de pique et de sueurs, ont rescapé huit individus. Je ne sais pas si vous le savez mais chez nous, ça s’appelle héroïsme. Lorsqu’elle reviendra au pays, n’oubliez pas de le souligner. Parce que c’est dans le courage du quotidien qu’on découvre la grandeur des individus.


Depuis cette soirée, beaucoup d’eau a coulé sous le pont de nos attentes. Les assistants ont construit une douche, une toilette, pour garder tout notre monde propre. C’est merveilleux de voir les gens travailler avec si peu quand l’espoir du renouveau n’existe même pas. C’est trop gros pour imaginer à long terme, alors on buche au quotidien pour ne pas trop penser.


Quoi que quand on y pense, ce n’est pas la fin du monde de dormir dehors. Lorsque le matin je me réveille et que je regarde Samuel, sourire aux lèvres, je me dis que la situation pourrait être pire. Je n’ai jamais fais ça de ma vie mais je vais le faire aujourd’hui : je remercie la vie de nous avoir sauvé la communauté. C’est un si beau geste de sa part, faudrait pas oublier de lui rendre au centuple. Nos maisons sont inhabitables mais elles sont debout. Voilà pourquoi nos amis sont là.


Il est de ces jours sans pluie ou la terre est abreuvée des rivières de larmes qui jaillissent du pays en entier. Un peuple en deuil, voilà comment on ressent les évènements en marchant dans les rues. Puis, on glisse notre corps à travers la barrière de L’Arche, nos yeux fatigués de voir le chaos, nos oreilles épuisées d’entendre les voix parler de mort, nos corps desséchés par le manque d’eau dans la ville, cuit comme des petits pains chauds au soleil des Caraïbes. À peine passé la barrière, notre pouls décélère, notre tête s’allège. Dehors, c’est le bordel comme dirait mon vieil oncle Henri. Les gens sont couchés dans la rue, avec leurs quelques possessions, souvent avec pour seul biens leurs enfants vivants et le linge qu’ils portent sur leur dos. En fait ce n’est pas compliqué, dehors, y’a du monde partout! Puis, on pénètre sur le terrain de la communauté, habité par des dizaines et des dizaines de gens : des voisins, les amis, les assistants, leur famille. Un calme y règne, comme un lieu de repos sur le chemin de Compostelle. Pourtant, les gens à l’intérieur s’activent! Il faut préparer les repas, pris deux fois par jour, préparer le terrain en aménageant cuisine, chambres au grand air, salle d’eau, un coin pour laver le linge aussi… On s’occupe des amis, ou ils s’occupent de nous, ça dépend des heures. Et parlons-en de nos amis…


C’est si difficile de comprendre ce qui se passe depuis quelques jours en Haïti, comment l’expliquer de façon simple? Surtout pour des gens qui sont déficients de l’intelligence? Comment leur faire comprendre l’incompréhensible situation?Ha! Nous oublions trop souvent que ce sont des gens de cœur, avant que d’être des gens de tête. Ce que nous ressentons, ils le ressentent aussi, et ce que nous communiquons à travers notre façon d’agir, ils le captent mieux que quiconque. Plus que ça! Bien que leur routine soit incroyablement déstabilisée, ce sont eux qui s’adaptent le mieux. Pour certains, comme Samuel, la vie de bohême sans domicile fixe est un lieu de fête. Pour d’autres, comme Bernadette, c’est un lieu de prière et de rencontres. Pour Joseph, c’est un lieu de travail, ou chaque roche bougée sert à nettoyer le terrain. Ils découvrent leur utilité propre, leur espace personnel propre, dans un chez-soi qu’ils doivent partager avec des dizaines d’autres. Rien n’est facile, ni pour eux, ni pour les assistants, mais la survie d’un et chacun, surtout mentale, dépend du lien que l’on se crée avec la communauté et avec les gens qui remplissent cette communauté.


Les besoins seront nombreux, tant dans les prochains jours que dans les prochaines semaines. Dans les prochains mois aussi. Vous devrez être généreux. Parce que nous avons une communauté complète à rebâtir, et que jusqu’à présent dans l’histoire de ce pays, l’État n’a pas été en mesure de répondre aux exigences, mêmes minimales, des personnes handicapées.


Parlant d’handicap. J’ai un malaise quand je marche dans les rues de Port-au-Prince et que je n’y vois pas un seul handicapé. Comme un mauvais présage que ceux qui sont si souvent caché à l’intérieur, rejetés, oubliés, que ceux qui n’ont pas de voix, et bien que ceux-ci même soient victimes de leur statut d’exclus. Est-ce possible, vraiment, que dans un pays où l’on estime à 10% de la population le nombre de personnes handicapées, nous n’arrivions pas à en voir ne serait-ce que quelques unes rôder dans les rues, à la recherche d’eau ou de nourriture? Ce n’est qu’une inquiétude, une idée qui me passe par la tête quand je marche dans les décombres… Les personnes touchées par un handicap, tant physique qu’intellectuel, sont peut-être, peut-être seulement, les premières victimes de ce drame.


Un pays à rebâtir sera-t-il prêt à le faire avec ses plus exclus?


Pour l’instant, L’Arche est en deuil, par la perte de deux membres du Conseil d’Administration : Schella et Marie-Cécile.


Pour l’instant, L’Arche est à la survie, par la perte de deux foyers.


Avant de rebâtir, nous allons découvrir notre nouvelle vie de communauté et ça, c’est déjà un énorme défi.


Maintenant, passez le mot : L’Arche Carrefour est en vie et cette vie, elle la partagera avec vous tous.


*(Je ne voulais pas rester dans le noir, dans l’inconnu!)

 

2010-01-11 09:24:23

Avertissement

A ceux et celles qui suivent assidûment le blogue de Jonathan, nous tenons à souligner que ce dernier blogue a été envoyé dans les heures qui ont précédé le tremblement de terre du 12 janvier. 

15 janvier, 9h00 Mise sur pied d'un fonds de solidarité @ larchehaiti.org

Pour répondre à l'appel lancé par L'Arche internationale, L'Arche Canada mettra en ligne un peu plus tard ce matin un formulaire de don vous permettant de soutenir L'Arche en Haïti. Le gouvernement canadien s'engage à doubler les dons qui sont fait aux ONG oeuvrant en Haïti comme c'est le cas ici pour nous à L'Arche Canada.  Vous pourrez faire votre don via les sites suivants: larchehaiti.org  Les dons à L'Arche Haïti transiteront via la Fondation de L'Arche Canada.

14 janvier, 13h30

Les bâtiments de la communauté seraient intacts et un grand nombre de voisins viennent s’y réfugier. Ils ont suffisamment d’eau potable pour le moment, mais la nourriture serait sur le point de manquer. Tout le monde est quand même en état de choc. Par ailleurs, Jonathan Boulet-Groulx, qui est à L’Arche de Chantal, viendrait lui aussi apporter son aide à Carrefour.

13 janvier, 23h00

Hier soir, vers 11heures, Geneviève a posté un message sur ce blogue pour nour dire qu'elle avait parlé à  Jonathan. ILVA BIEN, tout comme la communauté de Chantal. Jonathan s'est rendu aussitôt à Port-au-Prince afin d'aller porter secours là-bas.

Tryptique de la semaine

Je reviens d’une petite marche. Je suis allé m’asseoir sur le pont en construction qui traverse la rivière non loin de chez moi, bière à la main; j’avais besoin de donner de l’air à mes idées, de m’éloigner de la communauté. C’est drôle parce que de prendre ne serait-ce que trente minutes en dehors de la communauté me permet de me recentrer… 

Et j’ai remarqué ceci au moins, entre deux gorgés de l’excellente bière locale, la Prestige : Qu’il est difficile d’être longtemps en communauté, toujours avec les amis, avec les assistants, avec du bruit, face à une autre culture, à un autre rythme, à des différents et des différences qui pour certains(e), ne se règleront jamais.

C’est difficile pour une raison simple je crois; parce qu’en communauté, vivant avec des personnes touchées par la déficience intellectuelle, nous sommes constamment confrontés à nos propres faiblesses. Principalement pour une raison de cœur. Les amis sont des gens de cœur, avant que d’être des gens de tête. Et le cœur, une fois ouvert, laisse entrer et sortir tout ce qu’il y a de beau en l’humain, mais aussi ce qu’il y a de laid et de condamnable. Si nous avons un cœur ouvert, nous avons aussi le cerveau qui aime se regarder dans le miroir et analyser ses propres fautes, ses propres actions, bonnes ou mauvaises. Et ça, c’est parfois ce qui nous gruge le plus d’énergie. Nous réalisons que nous ne sommes pas ouverts comme en sont capables les amis, que nous sommes impatients pour des futilités, que nous n’arrivons pas à pardonner comme eux le font.

Tout semble si facile pour les amis : le pardon, la fête, le rire, la communion, le moment de joie et le moment de peine aussi. Nous le voudrions bien, mais nous n’arrivons pas à transcender totalement notre tête. Pris entre deux sentiments, entre dix choses à faire, nous n’arrivons que très rarement à apprécier pleinement un moment comme le font les amis. Moi, quand je regarde un Elmond assit au soleil, souriant devant les rayons qui l’aveugle, je ne peux m’empêcher de lui dire d’aller s’asseoir à l’ombre, qu’il y sera plus confortable. Puis après quelques minutes passée à la déplacer, lui, le banc sur lequel il s’était assit, ses sandales trop grandes tombées parterre, je me rends compte qu’il n’attend que mon départ pour aller se réinstaller là où il était si heureux, sans questions.

C’est si doux, pour un moment, de s’asseoir sur le pont, Prestige à la main, les pieds dans le vide. On en oublie ses défauts et on sourit devant ce soleil qui nous aveugle.


Coby

Un homme est mort
Je ne pleurerai guère
Un homme est mort
C’était une chimère

Un homme est mort
Je ne pleurerai guère
Un homme est mort
Sur mes joues les larmes
Se feraient la guerre

Coby. C’était ça son nom. J’imagine qu’il n’en a plus besoin. La première fois que je l’ai rencontré, c’était devant chez moi. Il m’avait demandé de l’argent. Il m’avait tendu la main, j’avais tendu la mienne. Ses tatous n’étaient pas très réussis sur ses avant-bras, il le savait mais c’est ce qu’il avait pu se payer à Port-au-Prince. Il m’a tout de suite dit que les gens se méfiaient de lui, puisqu’il était un rasta (un petit truand et souvent rappeur en Haïti profonde…). J’ai dis que j’avais un respect profond pour le rap créole, en plus d’un amour auditif pour ce style de misik. Ses yeux aussitôt c’étaient éclairé, comme si on lui avait présenté un million de dollar. Ce jour là, je lui ai donné de l’argent, mais surtout une oreille et une minute de respect. Je ne pense pas qu’il en ait eu beaucoup de celles-là dans sa vie.

Après, très rapidement, nous sommes devenus amis.

Son père est mort en prison, il s’y était fait jeté après avoir tué un homme à main nu dans sa plantation de canne à sucre. Coby en parlait peu. En fait, il ne me l’a mentionné qu’une seule fois; il venait de se faire voler ses bottes, deux jeans, trois t-shirts; chez lui. Il voulait aller voir un hougan (prêtre vaudou) pour retrouver les coupables. Je lui ai dis de laisser faire, que de toute façon, il le méritait peut-être un peu. Je n’ai jamais été gentil avec lui. Il a sourit ce jour là, puis il m’a conté sa vie. Pas de fond en comble, juste par bribes, à droite à gauche, tout en parlant du rap, sa vrai passion. Coby ne l’a pas eu facile mais il a fait des choix. Ni victime, ni criminel, juste Coby pour les intimes. Le genre de petit garçon devenu adulte trop vite… ils font des petits crimes à Port-au-Prince puis ils se réfugient dans leur région pendant quelques temps, pour se faire oublier. Peut-être qu’il n’est pas resté assez longtemps? Peut-être que ce qu’il avait fait ne s’oubliait pas en quelque mois? Mort par balle, tout près de la station d’autobus de Port-au-Prince. C’est ce qu’on m’a dit, hier après-midi.

Ce soir, les membres d’Arc-en-ciel, son groupe, étaient tous chez moi pour une répétition de leur dernier morceau. Composé sans Coby, le protagoniste du groupe devenu fantôme depuis quelques temps. Au moins maintenant, on sait pourquoi il ne répondait pas au téléphone.

En Haïti, quand on demande à quelqu’un comment il va, la réponse est habituellement la suivante :

Ah! W Konè. Mwen gen la sante, mwen debou. Se sa ki enpotan
(Tu le sais bien. Je suis toujours debout, je suis en santé. C’est ça le plus important.)
Cynique, quand on sait qu’ici, les gens meurent plus souvent debout que couchés…

Le danger et le risque de n’être que nous-mêmes, c’est de ne pas pouvoir nous cacher derrière ce que nous pourrions prétendre être. Coby avait compris ce danger et l’avait affronté de face, préférant à la vie la douleur d’être rejeté parce qu’il était lui-même, plutôt que la facilité d’être quelqu’un d’autre.

J’aurais aimé qu’il devienne un grand rappeur. Il aura au moins été un vrai rappeur.

L’homme qui m’a annoncé sa mort avait les larmes aux yeux. Je lui ai dis de ne pas en verser une, que l’eau sur ses joues ne ferait que de la boue, puisque son visage était sale. Quand un homme comme Coby meurt, on ne pleure pas pour sa perte, on remercie plutôt la vie de l’avoir connu. 


Fara

J’écris ces derniers mots à la lueur de ma lampe à l’huile, installé devant mon écran, pieds nus sur le ciment frais, les fesses sur ma chaise de bois trop dure (il faudrait vraiment penser à importer du bois mou…), le vent, annonçant la pluie, pénètre dans ma demeure de par toutes mes fenêtres ouvertes. Un dernier mot avant de me plonger volontairement dans un sommeil profond, bercé par le silence de la campagne.

Aujourd’hui, c’était l’enterrement du grand-père d’Onercia, une assistante arrivée au foyer en juillet. Avec quelques membres de la communauté, je me suis rendu chez elle. Nous avons décidé de laisser la voiture un peu plus loin et de marcher tranquillement, entre les rangés de Candelab (ces cactus si traditionnellement utilisés comme clôture en Haïti), jusqu’à la maison des parents d’Onercia. Devant nous, vêtus de blanc et de bleu, marchent les membres du groupe catholique dont fait partie la mère de notre amie. Sur leur tête, un foulard bleu azur, avec une croix blanche et une colombe. Tout au long de la cérémonie, ils chanteront d’une voix harmonieuse pour accompagner le pasteur invité. Le vent, qui s’était invité lui-même, soufflait sur nos fronts un air de jazz créole. Le soleil, malgré les trois heures de l’après-midi, n’était pas trop chaud. La maison, située entre deux champs de maïs fraîchement récoltés, perchée sur une petite butte, nous permet d’apprécier la beauté calme de l’environnement; les montagnes et les champs qui se partagent la terre depuis des centaines d’années. La maison est entourée d’une clôture de barbelés et les curieux du voisinage entourent la demeure pour tenter d’y voir quelque chose. Ne vous en faites pas, c’est tout à fait normal ici.

La messe au grand air fût prononcée brièvement, les petites-filles pleurant à gorge déployé tout au long de la cérémonie. Ici comme ailleurs, on extériorise comme on peut la douleur qui gruge le cœur des humains. Parce que c’est aussi ça, la mort : la douleur de rester vivant alors que l’être cher nous quitte. Et je suis surpris, comme à chaque fois, de voir que la mort, comme la vie, nous permet de nous rassembler pour nous rapprocher un peu, dû moins l’instant d’une prière et d’une larme. Vraiment, il n’y a pas que du mauvais à la mort.

Tout le monde, comme par solidarité plus que par réel besoin, portaient un visage triste et sans sourire; des dizaines de visages sans soleil. Je vous le dis parce que le plus beau des visages, le plus vrai des visages, le plus simple des visages, lui, portait le sourire. Fara est la femme la plus accueillante que je connaisse. Elle est la première à saluer un visiteur au foyer. C’est aussi elle, dans la communauté, qui chante le plus fort et qui danse en prenant le plus de place. Elle est une boule de bonheur et d’accueil qui explose à chaque fois que je la vois. Vous l’aurez donc deviné, c’est de ce visage si pur que je voulais vous parler. Fara, sans égards pour la famille en deuil, portait le plus beau des sourires que je lui connaisse. Elle était heureuse. Vêtu d’une jolie robe noire, portant de superbes tresses, avec des souliers de bal et un collier d’or, elle se savait belle, rayonnante, et elle avait le privilège de l’être devant des dizaines de personnes. Vraiment, Fara était heureuse… et époustouflante de gaieté!

Le soleil, pendant un moment, s’est caché derrière un nuage blanc pour laisser à Fara le soin de nous illuminé de son rayonnant sourire. En plus, elle a des dents aussi blanches que neige en janvier. Pourquoi ne pas les montrer?

Je vous le demande : Est-ce que ça vaut vraiment la peine d’arborer le regard de la tristesse alors que nos sentiments véritables sont tout à l’opposé? Pour Fara, cette question est superflue. Trop intellectuelle, trop philosophique, trop inutile pour elle. Elle était heureuse, notre reine, et rien au monde ne pouvait lui retirer son sourire et son visage doux de bonheur véritable. Juste avant de partir, la voiture déjà en marche et tout le monde à bord, Onercia apparaît à la droite du véhicule, elle a quelque chose à dire.

Mèsi Fara. Mwen pa konè poukisa, mè w fè’m santi byen… (Merci Fara. Je ne sais pas pourquoi, mais tu me fais sentir bien…)

Bizarre comme d’être soit peut faire du bien parfois…

Nos prières, nos attentions, nos pensées, pourraient bien aller à Onercia de temps à autre cette semaine, parce que dans des moments difficiles, nous voudrions tous avoir le courage d’affronter nos douleurs avec le sourire.

2010-01-04 16:02:16

J’imagine que vous voulez la vérité vraie, sans détour? Bien la voici, puisque c’est le temps des résolutions, des célébrations; le temps des faites ceci, faites cela, le temps des fêtes…

Je suis chanceux. Peut-être plus que les autres. Je suis né là où il fallait, au bon moment, entouré d’amour et de respect. J’ai des parents parfaits, avec tous leurs défauts, et un frère à qui je cherche encore un défaut. Né le 2e, le dernier, j’ai tout eu facile et il faut dire que j’ai le rêve facile déjà en partant. Je vis sans limite, libre et je le dois à vous tous. Parfois, je souhaite à tous d’être affligé de la même maladie pathologique que moi : être heureux en tout temps.

Un rayon de lune traverse la fenêtre et trace une ligne sur mes mots. Ça y est, tout est réuni pour mon petit bonheur! À cheval entre deux nuages, les hélices dans le vent, je me plais à m’imaginer en plein vol avec Saint-Exupéry, à la recherche de l’invisible, de l’inconnu; à la recherche de la vérité qui se cache dans le cœur de tous les hommes. À ma droite, un blanc nuage, petit et sucré comme de la barbe à papa, flotte pour aucune raison dans le bleu du ciel.

Pourquoi est-il là?

Lui, seul, qui tient sans fil, sans support…

Tout de suite, je pense à ces gens touchés par la déficience intellectuelle. C’est automatique pour ma petite personne, l’invisible et l’incompréhensible me ramène toujours à Olivier, Fara, à tous ceux qui, seuls comme un blanc nuage, flottent sans armature dans notre monde si peu fait pour eux.

Comment était notre Noël à L’Arche de Chantal? Magique. Comme une série d’attentats dirigés vers mon cœur, pour le défaire de ses dernières chaînes, de ses dernières limites. L’histoire est longue et commence bien avant le 25! Il y eu Jacmel, pour un week-end de repos, puis la panne de voiture, puis la course folle, sous la pluie battante pour arriver à Chantal à temps. Puis la préparation pour le mariage de Léo et Boss Jean, la préparation du 25, ce Noël de L’Arche, mais juste avant il y a avait la messe de minuit à neuf heures, le manque de Diesel dans le camion, l’oubli de me garder de la bouffe, la tonne de déchets laissés par le mariage dans mon chez moi…

Je vous en prie, suivez-moi dans le prochain blogue pour une liste détaillée des péripéties d’avant et d’après Noël. L’histoire commencera il y a cinq ans, moment de mon premier Noël à L’Arche.

Voilà plus de sept mois que je suis au pays, en Haïti. Je le sais, j’ai une boîte pleine de pensées de Tenzin Gyatso, le 14e Dalaï-lama, en forme de petit calendrier quotidien qui m’a suivi et éclairé tout au long de l’année 2009. Pour 2010, ce sera différent. C’est ma communauté qui sera mon professeur. Puisque la plus grande sagesse se cache dans le silence d’un cœur heureux, je vais m’abreuver à la fontaine de jouvence que sont les amis de L’Arche. Ils me font plus jeune chaque jour, moi qui ne fait que vieillir à chaque seconde. Une résolution du nouvel an j’imagine.

J’ai écris tout à l’heure, à grands coups de talons rugueux dans le sable fin du sud, « Joyeux Noël »…

Mes mots me sont revenus tout effacés d’une vague un peu forte. Que dire de plus, il est minuit chez moi, et toujours pas de neige qui tombe. Ce n’est pas un vide, mais une différence notable. Noël, le temps des fêtes, est-il le même sans notre culture? Peut-on, fondamentalement, changer nos mœurs par simple changement d’environnement? Arrivons-nous à nous imaginer aussi heureux, avec le quart de ce qui nous appartient? Difficile, n’est-ce pas? Nos habitudes, nos coutumes, nos désirs sont si rattachés à cette terre qui nous a vue grandir, comme si tout notre être était imprégné de ce chez nous, natif-natal.

Et pourtant… Et pourtant!

Eux, ces Autres, ces êtres touchés par la déficience intellectuelle, leurs barrières ne sont pas les mêmes! Je me plais à m’imaginer Claude, mon vieux compagnon de L’Arche Montréal, ici, dans le pays le plus pauvre des Amériques et je le vois heureux. Et puis, j’envoie ensuite par vol d’imagination, une Justine de L’Arche Carrefour là-bas, au loin, à L’Arche Amos. Elle serait la même, cette Justine. Elle s’inventerait des maladies imaginaires, des blessures irréelles, en échange d’un peu d’attention. Elle adorerait aider les autres à faire le lavage, même si c’est à grands coups de machine électrique qu’elle le ferait. Elle mangerait comme elle le fait ici, un peu égoïstement, le dernier morceau du gâteau de fête de son amie fêtée la veille. Et les assistants, noir ou blanc, d’ici ou d’ailleurs, riraient à la voir heureuse pour si peu, un rayon de soleil dans notre quotidien…

Et puisque des mots comme les miens peuvent se voir disparaître, victime d’une toute petite tempête de vague salée sur une plage de blanc sablon, je profite de ma vie si merveilleusement jolie pour vous souhaiter de joyeuses fêtes.
Joyeux Noël en retard à vous, que j’aime à distance. La vérité vraie, c’est que le temps des fêtes est, quand on le veut, un moment de pur plaisir et de grands bonheurs.

J'ai jamais rencontré un étranger parler de mon pays avec autant d'amour.  À travers tes textes, je peux déceler une réelle affection pour ces gens que tu aides. J'espère que tu vas enfin déposer tes vieilles chaussures de voyage et rester parmi nous pour toujours. On a besoin de toi ICI.

Gaby Saget, Journaliste à Radio Métropole et lauréate du Prix RFI - Reporters sans frontières – OIF -prix francophone de la liberté de la presse 2009  ainsi que du prix Alexis Joseph décerné par SOS-Journaliste en Haïti

Jonathan Boulet-Groulx , c'est un autodidacte de l'humanitaire, un reporter du bonheur, un nomade de la photo, un écrivain de l'humain, un artiste de la fragilité humaine. Son blogue Mwen pa fou, consacré à la déficience intellectuelle en Haïti, est devenu un lieu de référence pour suivre de l'intérieur la vie haïtienne, après le 12 janvier et, en particulier, la place des personnes touchées par la déficience intellectuelle dans la reconstruction d'Haïti .

Jean-Louis Munn, Directeur des communications, L'Arche Canada


Jonathan vit depuis mai 2009 dans la petite communauté de L'Arche de Chantal dans les Cayes.


 

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Je vous demande de laisser votre griffe sur ce blogue. Tout vos commentaires seront rassemblés et envoyés aux personnes pouvant influencer la situation des personnes déficientes intellectuelles dans la nouvelle Haïti.
 Ce sera un gran cri du coeur que nous ferons ensemble. Merci anpil! Jonathan


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Commentaires

Michel Boyer
2011-01-15 19:40:50
Rose-marie
2011-01-12 12:42:16
2010-12-09 20:32:50
fabrice
2010-12-08 07:36:53
Evelyne Verdier
2010-12-05 14:15:10
jeanne m bellabe
2010-12-02 23:25:06
Jocelyn Girard
2010-11-05 14:16:51
Gaby Saget
2010-10-19 11:10:01
Nicole delquiny
2010-10-01 10:01:05
Florence Délimon Théramène
2010-09-11 16:09:05
Gaby Saget
2010-09-07 16:47:10
Rose-marie
2010-07-11 08:19:02
Foyer La Source (Arche Joliette)
2010-06-07 20:09:11
2010-06-01 15:44:46
Gaby Saget
2010-05-26 16:25:14