"On dit souvent qu'une image vaut mille mots. J'en doute lorsque je regarde la quantité d'image auquel nous sommes confrontés chaque jour. En définitive, une image ne vaut que ce qu'elle représente.
Aujourd'hui, je vous fais rencontrer mes voisins. Parce que nous avons tous besoin de racines, de liens d'appartenance, d'amitié, d'amour; voici les sourires qui réconfortent mon coeur, par des jours de grande solitude.
Ces images ne valent pas mille mots, mais elle pansent mes maux, lorsque j'ai besoin d'un fou rire.
Jonathan
Le bonheur
Voyage toujours à pied
Le bonheur
Dort au fond d’un vieux soulier
Gilles Vigneault
Et puisque mes souliers ont beaucoup voyagé, surtout ces dernières semaines, et bien je me permets de prendre une heure de repos pour vous écrire sur le temps, le mien en particulier. Le temps qui nous échappe, celui qui n’est jamais arrivé, celui déjà passé et le plus doux des temps que je connaisse : le temps devenu souvenir. Je ne sais pas pour vous mais moi, je suis toujours occupé. C’est Antoine qui me le rappelle constamment dans la communauté…
- Ah bon, Jonathan, devant l’ordinateur encore!
- J’ai juste un petit truc à terminer Antoine.
- Oui oui, juste un autre petit truc à terminer, jusqu’au prochain petit truc à terminer...
Antoine, je l’adore. Toujours le mot juste, une sagesse sur deux pattes comme dirait ma grande tante du côté de ma mère. Alors je ralenti, un peu, pour regarder mes plants d’aubergine pousser. J’en profite pour m’asseoir par terre, laissant le vent du sud caresser mes cheveux et ma peau chaude. Nous devrions tous avoir le temps de regarder des plants d’aubergine pousser que je me dis soudain. C’est silencieux à en faire rougir la nuit, comme cette histoire. Vous la connaissez?
|
L’empereur Hirohito, du Japon, était un homme fort occupé. Vous pouvez probablement imaginer seul ce que peut représenter la tâche d’être empereur dans un pays comme le Japon, où tout est calculé et régis par des lois strictes. Rien de reposant je vous dis! Du matin au soir, l’empereur voyait chaque minute de son temps prévu pour un rendez-vous, un engagement, une inspection, etc. Or, un jour, on le convoqua au beau milieu d’une grande salle de réunion pour une autre rencontre. Quelle ne fût pas sa surprise lorsqu’à son arrivée, personne ne se trouvait dans la salle. Il s’avança, seul, resta immobile un moment puis s’agenouilla devant le grand vide. Il se tourna ensuite vers ses assistants et leur dit : « Nous devrions prévoir de tels moments plus souvent. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas apprécié mon temps ainsi! »
|
Quand on est trop occupé, on manque de temps. C’est une vérité universelle qui crève les yeux. Et bien que je n’irais pas jusqu’à prôner les journées de trois heures de travail comme Lafargue, je rêve en cachette d’un premier ministre qui nous interdirait de travailler plus de six heures par jour. Allez hop! On enfile les souliers trop usés de nos ancêtres et on parcourt le sentier inconnu de notre vie. Sait-on jamais, un petit bonheur pourrait se cacher sur le bord d’un fossé?
Un de mes petits bonheurs à moi, c’est de me lever tôt, vers 5hrs, pour regarder dehors la brume enveloppant les champs qui entourent ma maison. Comme une mère qui protège son p’tit mignon de deux mois, le calme de la nuit garde en son sein la beauté naturelle de dame nature. C’est au petit matin, les yeux encore collé d’une nuit trop courte, que l’un peut inspirer en son être toute la grandeur de la vie.
La lenteur est à la vie, ce que l’eau est au corps. Invisible mais essentielle. Ça, c’est Vinvince qui me l’a appris. L’un des hommes les plus relaxe que j’aie eu le plaisir de rencontrer dans ma courte vie. Et croyez-moi, ce que l’on remarque chez Vinvince avant toute chose, c’est son sourire calme et profond.
Le sourire de celui qui a compris.
Moi aujourd’hui, mes souliers m’ont amené loin; dans un monde de bonheur simple et de moment présent. Même si j’ai tellement couru que je ne m’en suis pas rendu compte…
 |
|
Antoine le sage
|
 |
|
Un matin de ma fenêtre aux Cailles
|
 |
|
Moi, mes souliers ont beaucoup voyagé .... (Félix Leclerc)
|