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Une seconde vie

Kris a rencontré Joanna pour la première fois à L'Arche London, en Ontario. Elle l'a encouragé Kris à se joindre à L'Arche, ce qu'il a fait. Ils ont vécu et travaillé ensemble pendant six ans, puis Kris a déménagé en Nouvelle-Écosse. Ils ont toutefois continué à se voir plusieurs fois par an, et s'appelaient parfois pour discuter sur la vie et la foi. Mais cet appel était différent.

Tu ne dépasseras pas vingt ans

Un jour, Kris Woods, responsable de foyer à L'Arche Antigonish, a reçu un appel de Joanna Macleod qui a changé leur vie à tous deux.

« J'ai besoin d'un nouveau rein », lui a-t-elle dit.

Kris a rencontré Joanna pour la première fois à L'Arche London, en Ontario. Elle l'a encouragé Kris à se joindre à L'Arche, ce qu'il a fait. Ils ont vécu et travaillé ensemble pendant six ans, puis Kris a déménagé en Nouvelle-Écosse. Ils ont toutefois continué à se voir plusieurs fois par an, et s'appelaient parfois pour discuter sur la vie et la foi.

Mais cet appel était différent. 

Joanna a dit qu'elle devait quitter L'Arche pour une période indéterminée. Elle avait reçu un diagnostic de maladie polykystique des reins lorsqu'elle était enfant. Un médecin avait affirmé qu'elle ne dépasserait pas vingt ans et que si elle y parvenait, il écrirait un livre sur elle. Près de quarante ans plus tard – et aucun livre publié – Joanna était toujours là, ayant vécu une vie bien remplie et en bonne santé; du moins, jusqu'à peu de temps avant son appel. 

« J'ai besoin d'un nouveau rein », a-t-elle dit à Kris pendant cet appel fatidique.

Kris n'a eu aucune hésitation. « Je vais te donner le mien. »

Kris savait-il que donner un rein, cela signifiait dix-huit mois de tests, une chirurgie invasive et jusqu'à trois mois de convalescence ? Pour Kris, c'étaient des détails sans importance. « C'est elle qui m'a sauvé la vie en premier », a-t-il dit. « Elle m'a présenté L'Arche et à Dieu. » Maintenant, c'était au tour de Kris de sauver la vie de son amie.

Mais les choses n'étaient pas si simples. Joanna se sentait coupable de soumettre Kris à cette épreuve, et il n'était pas facile d'abandonner son destin entre les mains d'une autre personne, aussi proche fût-elle. À tout moment au cours de cette année et demie des tests et jusqu'à la minute précédant l'opération, Kris avait le droit de retirer son offre; mais sa volonté n'a jamais fléchi.

La santé de Joanna déclinait, et la greffe a été devancée le plus tôt possible. Kris a quitté la Nouvelle-Écosse pour se rendre au renommé London Health Sciences Centre. Entourés de leurs proches, Kris et Joanna ont attendu le moment de l'opération, côte à côte, main dans la main.
 

Il n'y a pas de donneur

Lorsque la sœur aînée de Mark, Malgosia, a reçu un diagnostic d'anémie aplasique (une condition médicale où le corps cesse de produire des cellules sanguins), la course a commencé afin de lui trouver un donneur de moelle osseuse. La Croix-Rouge a cherché à travers le monde pour trouver un donneur compatible – sans succès.

En règle générale, c'est dans la famille du patient que le médecin cherchera en premier. Il y a 30 % de probabilité qu'un frère ou une sœur possède les traits génétiques nécessaires pour être un donneur compatible. Mais les médecins n'ont jamais considéré Mark. Il était atteint de paralysie cérébrale depuis la naissance et les médecins avaient déterminé que Mark, âgé de vingt-cinq ans, était juridiquement incapable de consentir à une procédure invasive. 

La mère de Mark et de Malgosia, Margaret, a plaidé au nom de Mark pour qu'on fasse au moins des tests pour déterminer s'il pourrait être un donneur. Et la réponse fut oui – il était le donneur parfait. 

Après de nombreuses discussions, Margaret et le médecin ont conclu qu'elle pouvait consentir à la procédure au nom de son fils. 

« Quelle mère pourrait prendre une telle décision pour son enfant ? », a-t-elle demandé. « Si des complications survenaient lors de la procédure, je pourrais perdre à la fois mon fils et ma fille. » Margaret a donc pris la vie qui lui avait été remise et l'a redonnée à son propriétaire légitime. 

Elle a discuté de la situation avec Mark, et avec la même volonté que celle de Kris, Mark a décidé de venir en aide à sa sœur.

Malgré sa peur des aiguilles, Mark a subi de nombreux tests sanguins pendant plusieurs mois, en préparation à une épreuve encore plus difficile : sa moelle serait prélevée sur sa hanche avec une aiguille si grosse qu'elle viderait un salon de tatouage de sa clientèle. De plus, Mark devait rester complètement immobile pendant la procédure et réprimer les tremblements involontaires qui pouvaient le saisir à tout moment. 

Comme Kris, les médecins ont répété à Mark qu'il pouvait interrompre la procédure à tout moment, mais il n'a jamais changé d'avis. « Je voulais sauver la vie de ma sœur », a-t-il déclaré.

Les opérations de Kris et de Mark ont été couronnées de succès. Moins de deux jours après la greffe de rein, Kris pouvait marcher. Et moins d'une semaine après sa greffe de moelle osseuse, Mark jouait aux quilles.

Aujourd'hui, la sœur de Mark est vétérinaire et Joanna vit une « seconde vie » bien remplie.

Mark et Kris ont tous deux risqué leur vie pour aider un proche. Bien que leurs gestes soient héroïques, leurs noms n'apparaîtront jamais dans les journaux ou sur un monument. Et pourtant, ce qu'ils ont donné est plus précieux que le mieux garni des comptes bancaires. Aujourd'hui, prenons un moment pour remercier Kris et Mark ainsi que tous les Canadiens qui répondent à l'appel et lancent avec une conviction inébranlable : « Je vais te donner le mien ». 



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