L’angoisse est une force créatrice qui pousse les mystiques à une intimité plus profonde avec Dieu. Plutôt que de se laisser paralyser par la tristesse ou envahir par la colère, ils utilisent cette énergie pour aller plus loin dans leur recherche de Dieu. Leur expérience de Dieu étanche alors leur soif d’absolu mais, paradoxalement, l’augmente aussi, car, sur Terre, l’union à Dieu ne peut jamais être totale; elle demeure inévitablement partielle. Ainsi, cette angoisse ouvre encore plus le cœur des mystiques et les entraîne à aimer tout être humain comme Dieu l’aime.
Jean Vanier, Accueillir notre humanité, p. 14 |