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Jean Vanier et L'Arche

En 1964, Jean Vanier, un jeune canadien vivant en France, invita Raphaël Simi et Philippe Seux, deux hommes ayant une déficience intellectuelle, à venir vivre avec lui dans une modeste maison de Trosly-Breuil à quelques 100 km de Paris.
Les débuts

Sans aucune expérience préalable et après avoir été témoin de l'exclusion sociale et des conditions institutionnelles extrêmement difficiles et parfois scandaleuses dans lesquelles vivaient beaucoup de personnes ayant une déficience intellectuelle, Jean Vanier décida d'offrir un milieu paisible et familial à Raphaël et Philippe qu'il avait rencontrés dans une institution. Ils partagèrent dans une grande simplicité la vie quotidienne et leurs moments de loisirs et ils donnèrent le nom de L'Arche à leur petite maison.

Jean Vanier n'avait à cette époque aucune idée de l'ampleur qu'allait prendre le mouvement de L'Arche. Sa décision de vivre avec Raphaël et Phillippe allait cependant transformer la vie de beaucoup d'autres personnes à travers le monde. Bientôt des voisins et quelques amis canadiens vinrent les rejoindre et L'Arche devint peu à peu un lieu d'accueil pour des hommes et des femmes, avec ou sans déficience intellectuelle, qui souhaitaient partager cette expérience unique de vie communautaire.
L'expansion

Ainsi était née L'Arche, sans aucune prétention, à l'aube du mouvement de désinstitutionnalisation. Cette nouvelle forme de vie communautaire à laquelle participaient maintenant des personnes qui autrement auraient été placées en institution, attira rapidement plusieurs jeunes provenant de divers pays, notamment de la France, de l'Angleterre et du Canada.

Lorsqu'ils retournèrent dans leur pays natal, plusieurs parmi eux fondèrent à leur tour d'autres communautés de L'Arche. C'est ainsi que le mouvement prit rapidement de l'expansion et se développa sur six continents.

Dans les années 1970, toutes les communautés de L'Arche se fédérèrent sous l'égide de la Fédération internationale des communautés de L'Arche et se regroupèrent en "région" pour favoriser l'amitié et le soutien mutuel. La Charte de L'Arche fut écrite et les standards de gestion, pour assurer le maintien de ses valeurs et la qualité de la vie des communautés, furent mis en place. En 1993, la Charte fut modifiée pour mieux refléter la réalité des communautés issues des cultures hindous et musulmanes.
L'orginalité de L'Arche

Que ce soit au Canada, en Palestine, en Inde, en Amérique centrale ou ailleurs, partout où se développaient des communautés de L'Arche, Jean Vanier prenait conscience que les personnes souvent exclues ou marginalisées avaient beaucoup à offrir. Les expériences vécues à L'Arche lui démontraient clairement que les membres les plus vulnérables de notre société transformaient profondément les personnes qui venaient vivre avec elles et qu'elles pouvaient être des artisans de paix.

Bien que limitées dans leurs aptitudes intellectuelles, elles avaient des aptitudes relationnelles qui, lorsqu'elles pouvaient participer pleinement à la vie d'une collectivité, contribuaient à rendre celle-ci plus humaine, plus compatissante et, plus à même d'accepter "l'autre" avec ses différences personnelles, culturelles ou religieuses. L'Arche devenait ainsi un microcosme de ce qui était possible lorsqu'une société reconnaît l'importance de chacun de ses membres quelles que soient sa différence, ses capacités ou ses incapacités.
La spiritualité de L'Arche

Notre histoire nous invite à réfléchir sur les composantes culturelle et religieuse des différents milieux où L'Arche s'est installée. Nos communautés accueillent aujourd'hui des personnes de diverses traditions — chrétienne, juive, musulmane, hindoue ou autre — ainsi que des personnes non-croyantes. Malgré ces différences, la spiritualité de L'Arche reconnaît d'abord et avant tout que chaque personne est unique et a une histoire sacrée.

Jean Vanier aujourd'hui

Aujourd'hui, Jean Vanier est reconnu internationalement. Il habite toujours le village de Trosly-Breuil dans l'Oise et il continue de voyager à travers le monde pour partager l'histoire de L'Arche.

Homme de paix, il souligne dans ses écrits et ses conférences que quelles que soient les composantes culturelle ou religieuse d'une société, la paix sociale commence d'abord et avant tout par la reconnaissance de la valeur et de la dignité de chacun de ses membres. Se faisant la voix des sans-voix, il insiste plus particulièrement sur le sort des personnes les plus vulnérables dont l'intégration et la participation à la vie de nos collectivités a toujours un effet bénéfique et transformateur sur l'ensemble de ses membres.

Homme d'action, il continue à dénoncer les peurs qui nous séparent les uns des autres et de nous-mêmes et qui sont à la source de nos conflits souvent meurtriers. Dans un monde de plus en plus déshumanisant, il nous invite à réfléchir à notre humanité et à repenser nos relations, non plus selon des rapports de force mais à l'image d'un corps où chaque membre est important.
L'Arche aujourd'hui

L'Arche est inquiète devant la marginalisation et l'isolation de beaucoup de personnes vivant avec une déficience intellectuelle. Cette inquiétude nous interpelle à créer des lieux d'accueil et des réseaux d'amitié, à défendre les droits des personnes ayant une déficience intellectuelle et à interpeller la société à devenir plus juste et plus respectueuse à leur égard.

Aujourd'hui, L'Arche s'efforce de promouvoir la participation sociale des personnes ayant une déficience intellectuelle dans leur milieu tout en soulignant leurs contributions à l'humanisation de notre société moderne. Si vous désirez oeuvrer avec nous en ce sens, n'hésitez pas à nous contacter.

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