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Prendre notre place dans le mouvement pour l’inclusion

C’est un moment important pour le mouvement en faveur de l’accessibilité et de l’inclusion au Canada et dans le monde, et L’Arche Canada travaille à y prendre sa place.

Par John Guido, en collaboration avec Lori Vaanholt

« Où était L’Arche ? » est une question que Lori Vaanholt, la directrice du développement stratégique et de l’innovation de L’Arche Canada (poste auparavant appelé coordonnateur du développement) a entendue à de nombreuses reprises des défenseurs de l’accessibilité et de l’inclusion pour les personnes ayant une déficience au cours des dernières semaines, alors qu’elle prenait part :

  • au premier Sommet national sur les personnes handicapées organisé par l’honorable Carla Qualtrough, ministre des Services publics, de l’Approvisionnement et de l’Accessibilité à Ottawa, les 9 et 10 mai
  • à la 12e séance de la Conférence des États parties à la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH), aux Nations Unies, du 11 au 13 juin. 

Sommet national sur les personnes handicapées (Photo : Accessibilité Canada)
 

Ce n’est pas une question à laquelle il est facile de répondre – et particulièrement lorsqu’elle contient une critique. C’est pourtant une question légitime. Bien que L’Arche ait participé à des audiences du Sénat, adhéré à la norme relative aux personnes vulnérables et participé à de nombreuses rencontres au niveau provincial, elle était rarement présente lors des rencontres à l’échelle canadienne sur l’inclusion, au cours des dernières décennies. Lorsqu’on n’est pas présent, les gens se font leur propre opinion des raisons de notre absence.

Aussi dur que cela ait été d’entendre les questions difficiles, il a également été profondément inspirant pour Lori et ses collègues d’entendre une réponse différente : « nous sommes tellement heureux que vous soyez ici ». De nombreux leaders ont été inspirés par le message de Jean Vanier, qui est ancré dans la vie en commun avec des personnes ayant une déficience intellectuelle et dans l’accueil de leurs dons et de leurs capacités. Certains d’entre eux ont été témoins de la manière dont cette vision est vécue – une manière imparfaite, mais authentique – dans les communautés de L’Arche au Canada et dans le monde.

L’Arche est appelée à prendre sa place à la table pour veiller à ce que les voix et les expériences de personnes ayant différents types de déficience intellectuelle soient entendues – les voix et expériences de personnes souvent laissées pour compte, et ce, même par le mouvement pour l’inclusion. Nous sommes également appelés à partager nos apprentissages tirés de la vie partagée au sein de communautés inclusives, où les dons de ces personnes sont mis en valeur, cultivés et partagés pour leur bien-être et le bien commun.

Nous engager aux côtés de partenaires pour l’inclusion

Si ces questions et appels ont pu être exprimés, c’est parce que L’Arche Canada a été davantage présente ces dernières années. Guidés par nos derniers mandats, les responsables de L’Arche Canada et les représentants des communautés ont déployé des efforts considérables pour engager un dialogue avec des représentants du gouvernement et des leaders de la société civile actifs dans le mouvement pour l’inclusion :

  • Chaque mois de décembre au cours des trois dernières années, nous avons envoyé des délégués à Ottawa pour assister aux forums de politiques annuels de Personnes d’abord et de l’Association canadienne pour l’intégration communautaire (ACIC) ainsi qu’à la réception de la ministre organisée à l’occasion de la Journée internationale des personnes handicapées.
  • Plusieurs membres de L’Arche au Canada ont participé au processus de consultation ayant mené à la rédaction de la Loi C-81 sur l’accessibilité. Au cours de ce processus, L’Arche Canada a présenté un mémoire et a rencontré la ministre Qualtrough pour lui faire part de ses préoccupations.
  • L’Arche Canada a signé des lettres collectives et rédigé sa propre lettre à la ministre et à tous les députés pour appuyer la Loi sur le Canada accessible, qui a récemment été adoptée.
  • L’Arche Canada a été reconnue par le gouvernement fédéral comme une « organisation nationale » et a obtenu une subvention du PPDS-PH visant à « améliorer la participation et l’intégration des personnes ayant une déficience dans tous les aspects de la société canadienne en matière d’inclusion sociale ».
  • Nous participons à des rencontres concernant la mise en œuvre de la Loi sur l’accessibilité et de la CDPH au Canada et avons signé des lettres d’appui à deux projets mis en branle par des partenaires eux aussi financés par une subvention de partenariat pour le développement social.

C’est un moment important pour le Canada et le monde, alors que les gouvernements et le mouvement pour l’accessibilité et l’inclusion se rencontrent pour « partager les défis, explorer les possibilités et travailler ensemble pour créer un Canada accessible et inclusif » à la lumière de la CDPH et de la nouvelle Loi sur l’accessibilité au Canada.

À L’Arche Canada nous développons notre capacité à assumer notre place. Bien que la mission essentielle de L’Arche ne soit pas le plaidoyer ou l’élaboration de politiques, nous cherchons des moyens de contribuer et d’apprendre du mouvement pour l’inclusion dont nous faisons partie depuis plus de 50 ans.

John Rietschlin, Jenn Power, Ian Pellerin, Tricia Scott, Lori Vaanholt et Louis Pilotte au 9e Forum fédéral annuel sur les politiques d’inclusion
 

Ce que nous apprenons avec nos partenaires

Cette présence nouvelle sur la scène nationale a ouvert de nouvelles perspectives. Que ce soit lors du Sommet national sur les personnes handicapées ou lors de la Conférence des États parties, Lori a été frappée par certains thèmes clés que L’Arche devra aborder de manière plus approfondie en vue de clarifier ce que nous pourrions apprendre et offrir :

  • Intersectionnalité – la discrimination à l’égard des personnes ayant une déficience chevauche les discriminations fondées sur le sexe, la classe sociale, la race, l’orientation sexuelle, l’âge, la religion et les convictions.
  • Les personnes ayant une déficience doivent être les acteurs principaux de leur propre vie.
  • Les personnes ayant une déficience détiennent un capital social – des réseaux de relations et de contributions à leurs communautés – qu’il faut célébrer et développer.
  • La narration joue un rôle essentiel – à la fois afin d’analyser les mesures d’impact des programmes et de communiquer à la société dans son ensemble l’importance fondamentale de la diversité et de l’inclusion.

Nous allons au-delà du mantra de « rien à propos de nous sans nous », pour adopter « rien sans nous, car tout est à propos de nous ».

La ministre Qualtrough appelle à une nouvelle ère de coopération au sein du mouvement pour l’inclusion et dans tous les secteurs de la société canadienne. Dans son allocution à l’ONU, elle a déclaré : « le Canada met en branle une transformation fondamentale de deux manières.

  • Premièrement, nous centrons notre discours de politique publique sur les droits de la personne. J’entends par là les droits comme citoyens à part entière et la participation civique, politique et économique de nos concitoyens ayant une déficience. Nous allons au-delà de la pratique des accommodements individuels contre la discrimination, pour nous orienter vers l’inclusion.
  • Deuxièmement, nous allons au-delà du mantra de ‘rien à propos de nous sans nous’, pour adopter ‘rien sans nous, car tout est à propos de nous’. Il n’existe aucun aspect de la prise de décisions juridiques, politiques, sociales ou économiques qui n’ait également un impact sur nos concitoyens ayant une déficience. Notre nouveau cri de ralliement est une reconnaissance de ce fait. »

Nous engager dans un mouvement

L’un des ingrédients clés pour la réussite d’un mouvement est l’engagement de petits groupes de personnes. C’est vrai pour le mouvement de L’Arche, et tout aussi essentiel pour le mouvement pour l’inclusion dans son ensemble. L’Arche en sait beaucoup sur la création de relations fondées sur le respect mutuel, le partage des connaissances et la collaboration – tout en reconnaissant que ces éléments doivent encore être renforcés au sein de L’Arche au Canada.

Il en va de même lorsque nous « allons au dehors » pour nous engager auprès de partenaires pour l’appartenance et l’inclusion dans la société canadienne. Voici quelques-unes des personnes remarquables que Lori a rencontrées lors de la Conférence des Nations Unies :

(Ci-dessus) Lori Vaanholt, de L’Arche Canada, avec Diane Kreuger, de Vie autonome Canada, Frank Folino, Association canadienne des sourds, Susan Hardie, d’Eviance, et Kory Earle, de Personnes d’abord du Canada. C’est Susan qui a invité Lori à assister à la séance de l’ONU.

Robert Martin (a droite), de la Nouvelle-Zélande, siège au Comité des Nations Unies chargé de la surveillance de la CDPH, la première personne ayant une déficience intellectuelle à siéger à un comité de l’ONU et à y présider une séance. « Le travail n’est pas encore terminé, loin de là. Je suis déterminé à faire en sorte que les personnes ayant des troubles d’apprentissage aient les mêmes droits que toutes les autres. »

Hannah MacLellan (à gauche), une jeune représentante du Canada, a présenté un message sur l’importance du vocabulaire employé pour parler de la déficience. « J’ai découvert l’importance du langage descriptif. Qu’il s’agisse d’élaborer des politiques, de parler aux autres et peut-être même de penser à soi-même, les mots sont importants et façonnent notre vision du monde. »

Quelles sont les prochaines étapes ?

L’Arche au Canada est appelée à « revendiquer notre place dans la société et à contribuer à bâtir une société canadienne plus humaine, où tous sont accueillis », par le moyen du développement et de l’innovation, du marketing et des communications, et via la mise en place de « partenariats dynamiques avec tous les niveaux de gouvernement et d’autres organisations afin de mettre en valeur la contribution des personnes ayant une déficience intellectuelle… »

Nous travaillons à élaborer un plan stratégique et un cadre de mesure de l’impact, guidés par un mandat qui demeure essentiellement fondé sur une vision et 50 ans d’expérience d’un monde où chacun est valorisé et accueilli. C’est le chemin que Jean Vanier a tracé pour nous et que nous sommes invités à suivre afin de porter L’Arche vers l’avenir.

Avec des personnes ayant une déficience intellectuelle comme coleaders et coapprenantes, nous sommes convaincus que L’Arche a une contribution importante à offrir et beaucoup à apprendre, alors que nous explorons des moyens de nous engager davantage dans le mouvement pour l’appartenance et l’inclusion.


Lori Vaanholt, directrice du développement stratégique et de l’innovation de L’Arche Canada, est membre de L’Arche depuis 30 ans, ayant vécu dans plusieurs communautés. Elle a été responsable de la communauté de L’Arche Hamilton, coordonnatrice adjointe à Daybreak et coordonnatrice de la croissance pour L’Arche Canada.

 


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